Martin Ryan, homme d’affaires français, condamné à 10 ans pour espionnage en Azerbaïdjan

Martin Ryan, un homme d’affaires français, a été condamné à dix ans de prison par les autorités azerbaïdjanaises, suite à des accusations d’espionnage au profit de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Arresté en décembre 2023, Ryan a toujours nié les faits qui lui sont reprochés, affirmant qu’il n’était pas conscient que ses actions pouvaient être interprétées comme de l’espionnage.

EN BREF

  • Martin Ryan condamné à dix ans de prison en Azerbaïdjan pour espionnage.
  • Accusé d’avoir collecté des informations pour la DGSE, il nie les faits.
  • Condamnation survenue dans un contexte de tensions diplomatiques entre la France et l’Azerbaïdjan.

Le procès de Martin Ryan, qui a débuté en janvier 2025, a été marqué par des révélations accablantes. Le parquet avait requis une peine de onze ans de réclusion. Son complice présumé, Azad Mamedli, a été condamné à douze ans pour « haute trahison ». Selon les accusations, Ryan aurait été recruté par des membres des services de renseignement français, via des agents basés à l’ambassade de France à Bakou, qui ont depuis été expulsés.

Les autorités azerbaïdjanaises lui reprochent d’avoir tenté de récolter des informations stratégiques sur des accords entre l’Azerbaïdjan et la Turquie, notamment le traité de Choucha signé en juin 2021. Ce traité a renforcé les liens entre les deux nations, tant sur le plan militaire qu’économique. De plus, Ryan aurait été chargé d’enquêter sur des entreprises ayant des relations avec Moscou et Pékin, ainsi que sur les connexions entre l’Azerbaïdjan et d’autres pays comme l’Iran, le Pakistan, l’Algérie et la Somalie.

Au cours de son séjour en Azerbaïdjan, il aurait également recruté Mamedli, un étudiant azerbaïdjanais, pour établir un réseau d’informateurs au sein des universités. Les allégations portées contre lui ont été vigoureusement contestées tant par Ryan que par les autorités françaises, qui le considèrent comme une victime des tensions diplomatiques croissantes entre la France et l’Azerbaïdjan, exacerbées par le soutien de la France à l’Arménie dans le conflit du Haut-Karabakh.

Ryan a déclaré : « Je ne suis pas un espion », insistant sur le fait qu’il n’a pas partagé d’informations avec les autorités azerbaïdjanaises et qu’il n’était pas conscient de la nature de ses activités. L’État français a exprimé son soutien, soulignant que ses actions ne constituaient pas un acte d’espionnage.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large, où plus de 2 000 Français sont actuellement détenus à l’étranger, selon des chiffres du Quai d’Orsay. Ces détentions comprennent des cas variés, allant des infractions pénales à des détentions jugées arbitraires. Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait affirmé en juillet 2025 que 2 300 compatriotes détenus bénéficiaient de l’assistance des services consulaires. D’autres cas de détentions médiatisées, comme ceux de Cécile Kohler et Jacques Paris en Iran, montrent l’ampleur des défis rencontrés par la France dans la protection de ses ressortissants à l’étranger.

La situation de Martin Ryan met en lumière les risques auxquels sont exposés les ressortissants français dans des pays où les relations diplomatiques sont tendues. Dans cette affaire, l’issue du procès pourrait avoir des répercussions sur les relations entre la France et l’Azerbaïdjan, alors que Paris continue de défendre ses citoyens à l’étranger, face à des accusations souvent fondées sur des contextes politiques complexes.