Le 27 février, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a annoncé lors d’une conférence de presse que l’accord commercial avec les pays du Mercosur serait appliqué de manière provisoire. Cette décision, qui survient malgré les fortes réserves exprimées par la France, a suscité des réactions vives, notamment celle du président Emmanuel Macron.
EN BREF
- Ursula von der Leyen annonce l’application provisoire de l’accord avec le Mercosur.
- Emmanuel Macron qualifie cette décision de « mauvaise surprise » pour la France.
- L’accord soulève des inquiétudes sur l’impact sur l’agriculture européenne.
Au cours de la conférence, Ursula von der Leyen a déclaré avoir consulté les États membres et des élus du Parlement européen à plusieurs reprises sur cette question délicate. Elle a précisé que, sur cette base, la Commission européenne a décidé d’aller de l’avant avec l’application provisoire de l’accord, qui vise à établir une des plus grandes zones de libre-échange au monde.
Emmanuel Macron a rapidement réagi, exprimant sa désapprobation. Il a qualifié cette annonce de « mauvaise manière » de la part de la Commission, soulignant que le Parlement européen n’a pas encore voté sur cet accord. Pour lui, cette démarche risque de créer une « incertitude » pour les agriculteurs français, déjà préoccupés par les conséquences d’une concurrence accrue provenant des pays du Mercosur.
Le traité, signé en janvier dernier, vise à renforcer les échanges entre l’Union européenne et les pays latino-américains du Mercosur, notamment l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay. L’accord devrait permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, de machines, de vins et de spiritueux vers l’Amérique latine. En contrepartie, les pays du Mercosur pourraient exporter vers l’Europe des produits comme la viande bovine, les volailles, le sucre, le riz, le miel et le soja.
Cependant, les opposants à cet accord soulèvent des inquiétudes quant à l’impact potentiel sur l’agriculture européenne. Ils craignent que l’importation de produits à bas prix, qui ne respectent pas nécessairement les normes de l’UE, fragilise le secteur agricole européen. Cette situation crée un climat de tension, notamment parmi les agriculteurs qui se sentent menacés par cette ouverture des marchés.
Emmanuel Macron a affirmé que la décision de la Commission européenne de procéder à une application provisoire de cet accord sans l’aval du Parlement européen est lourde de conséquences. Il appelle à une réflexion approfondie sur les implications de cet accord pour l’agriculture française, qui pourrait se retrouver sous pression face à une concurrence déloyale.
Alors que la question de l’accord avec le Mercosur continue de diviser les opinions en France et au sein de l’Union européenne, il est clair que les enjeux économiques et agricoles sont au cœur des débats. La réaction de Macron souligne la nécessité d’un dialogue ouvert et constructif sur cette question, afin de garantir que les intérêts des agriculteurs français soient préservés dans le cadre de cette nouvelle dynamique commerciale.