Mineur condamné à 17 ans pour le meurtre d’un chauffeur de VTC à Marseille

Ce jeudi 12 février, un adolescent de 15 ans, surnommé « Pépito », a été condamné à 17 ans de réclusion criminelle par le tribunal pour enfants de Paris. Ce jugement fait suite à son implication dans le meurtre d’un chauffeur de VTC, survenu en octobre 2024 à Marseille. Il s’agit d’une affaire emblématique qui met en lumière le phénomène inquiétant des tueurs à gages mineurs, recrutés via internet par la narcocriminalité organisée.

EN BREF

  • Un adolescent de 15 ans a été condamné pour le meurtre d’un chauffeur de VTC.
  • Cette affaire illustre le phénomène des mineurs impliqués dans la criminalité organisée.
  • Le tribunal a ordonné un suivi socio-judiciaire de 10 ans à l’encontre du jeune meurtrier.

Le procès, qui a duré trois jours, s’est déroulé à huis clos et a été marqué par l’intervention du nouveau parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), installé à Paris depuis janvier. La violence gratuite de cette affaire et la jeunesse de l’auteur ont choqué l’opinion publique.

Le tribunal a statué sur le cas de Pépito après quatre heures de délibéré. Le jeune homme a été reconnu coupable de meurtre en bande organisée pour l’assassinat de Nessim Ramdane, un chauffeur de VTC de 36 ans et père de famille. Ce dernier a été retrouvé mort, tué par balle alors qu’il était au volant de son véhicule, encastré dans un mur près d’une école maternelle.

Le contexte de cette affaire est particulièrement sombre. Peu après le meurtre, la police a reçu un appel d’un détenu, membre présumé du gang marseillais DZ Mafia, qui a affirmé avoir commandité le meurtre en raison d’un conflit avec un narcotrafiquant rival. Ce contrat avait pour but de venger un adolescent de 15 ans précédemment tué, mais le tueur a finalement abattu une personne sans lien avec sa cible, ce qui a conduit à son arrestation.

Les détails de la vie de Pépito sont également troublants. Selon le procureur de Marseille, il avait été placé en foyer d’accueil depuis l’âge de neuf ans en raison de la situation précaire de ses parents, eux-mêmes enfermés pour infractions liées aux stupéfiants. Ce contexte familial difficile a été souligné par ses avocates, Mes Coline Grindel et Eva Bensoussan, qui ont évoqué des carences institutionnelles qui ont contribué à ce drame.

Le jeune homme a été recruté via Snapchat pour exécuter ce contrat. Après avoir été récupéré dans le Gard, il a été installé dans un hôtel à Marseille, où il a reçu une arme et un téléphone. Le jour du meurtre, il a commandé un VTC Bolt pour se rendre sur les lieux. Cependant, un différend survenu durant le trajet a conduit à l’assassinat de Nessim Ramdane.

Cette affaire soulève des questions préoccupantes sur l’implication croissante de mineurs dans des actes criminels violents à Marseille. En effet, le tribunal pour enfants de la ville a enregistré une augmentation de 18 % de son activité pénale l’année dernière, signe d’une tendance inquiétante.

Les obsèques de Nessim Ramdane, qui a laissé derrière lui trois enfants et était bien connu dans le milieu du football local, ont attiré environ 500 personnes. Sa mort tragique souligne l’impact humain des violences liées à la criminalité organisée.

Alors que l’enquête se poursuit pour identifier d’éventuels complices et commanditaires, cette affaire incarne un tournant dans la lutte contre la criminalité juvénile à Marseille, et elle pourrait ouvrir la voie à de nouveaux procès similaires. La société est-elle prête à faire face à ce phénomène grandissant ?