Ce mercredi, les syndicats et le patronat se réunissent pour discuter de l’assurance chômage, un sujet qui cristallise les tensions en raison des réformes projetées. La Confédération générale du travail (CGT) a organisé une manifestation devant le siège de l’Unédic, rassemblant au moins 300 personnes, dont sa secrétaire générale, Sophie Binet. Cette mobilisation vise à dénoncer une réduction des droits des chômeurs, jugée « inédite » avec une baisse de 25 % depuis 2017.
EN BREF
- La CGT proteste contre la baisse des droits des chômeurs et les réformes proposées.
- Les discussions portent sur les ruptures conventionnelles, jugées coûteuses par le gouvernement.
- Des syndicats espèrent un accord, mais des divergences persistent entre les parties prenantes.
Les négociations visent à réaliser des économies d’au moins 400 millions d’euros, afin d’éviter que le gouvernement ne prenne le contrôle des conditions d’indemnisation. Parmi les propositions discutées, l’augmentation du nombre d’heures nécessaires pour que les intermittents du spectacle puissent bénéficier de l’assurance chômage a suscité des inquiétudes. Ghislain Gauthier, secrétaire général de la Fédération nationale des spectacles (FNSAC), a averti que cette mesure pourrait priver de nombreux intermittents de leurs droits.
Sophie Binet a rappelé que la lutte contre le chômage ne devrait pas se faire au détriment des droits des chômeurs. Elle a insisté sur le fait que les abus signalés par le gouvernement ne peuvent justifier une réduction des droits. Les discussions se concentrent également sur les conditions d’indemnisation des salariés ayant signé une rupture conventionnelle, un dispositif jugé trop onéreux par le gouvernement. En 2024, 515 000 ruptures conventionnelles ont été enregistrées, représentant une part significative des dépenses d’allocations chômage, qui s’élèvent à 9,4 milliards d’euros.
Le gouvernement de Gabriel Attal a ouvert ces négociations à la suite d’une politique de la chaise vide du Medef. Ce dernier, accompagné des autres organisations patronales, a manifesté une volonté de négocier, tout en demandant des économies plus ambitieuses. Les syndicats, pour leur part, ont appelé le patronat à la modération, espérant que des compromis puissent être trouvés.
Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, a évoqué une « voie de passage » et a rappelé que le gouvernement avait, par le passé, démontré sa capacité à travailler avec les syndicats pour trouver des accords. Frédéric Souillot, de Force Ouvrière, a également exprimé sa confiance dans le fait que des solutions pourraient être trouvées sans que le gouvernement n’intervienne directement.
Les négociations actuelles sont d’autant plus cruciales qu’elles détermineront également l’avenir des discussions sur les contrats courts. La CGT, qui a proposé un « malus » pour les employeurs abusant des ruptures conventionnelles, semble moins encline à faire des concessions, tandis que d’autres syndicats défendent des approches différentes en matière de dégressivité des indemnités.
Alors que le climat des négociations demeure tendu, les résultats de cette journée pourraient avoir des répercussions importantes sur les droits des chômeurs et les conditions d’indemnisation à l’avenir. Les acteurs impliqués devront naviguer entre les exigences du gouvernement et les attentes des travailleurs pour parvenir à un accord équilibré.
Les discussions se poursuivent, et il reste à voir si les syndicats parviendront à faire entendre leurs voix face aux objectifs d’économies du gouvernement. La mobilisation de la CGT marque une étape importante dans ce débat essentiel sur l’assurance chômage en France.