Mobilisation de la CGT : un hypermarché Auchan à Bagnolet bloqué pour dénoncer la précarité

Le 1er avril 2026, des membres de la CGT ont bloqué l’hypermarché Auchan de Bagnolet, en banlieue parisienne, afin de dénoncer la précarité croissante dans le secteur du commerce. Cette action s’inscrit dans le cadre d’une mobilisation lancée en février pour protester contre les licenciements et la détérioration des conditions de travail des salariés.

EN BREF

  • La CGT a orchestré un blocage de l’hypermarché Auchan à Bagnolet pour dénoncer la précarité.
  • La mobilisation vise à protester contre les licenciements et les bas salaires dans le secteur.
  • La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a appelé à une mobilisation plus large avant un vote crucial à l’Assemblée nationale.

Selon Mouhsine Amrani, délégué syndical central de la CGT et employé d’Auchan, le blocage vise à attirer l’attention sur les licenciements abusifs et la fermeture de magasins, précisant que « nous souhaitons protester contre les licenciements à outrance, contre les fermetures de magasins, contre les supermarchés qui sont cédés à Netto et font tomber les accords d’entreprise prévus pour les salariés ».

Les manifestants ont fait preuve d’une détermination notable, déclarant être prêts à maintenir le blocage toute la journée et toute la nuit. En plus de l’hypermarché Auchan, d’autres établissements, comme un magasin Action et un Electro Dépôt à proximité, ont également été ciblés par les actions des grévistes.

Amar Lagha, secrétaire général de la fédération CGT commerce et services, a précisé que l’objectif de cette mobilisation était de mettre en lumière les bas salaires du secteur. Vers 19 heures, les manifestants ont quitté les lieux, à la demande des forces de l’ordre, ayant atteint leur but : sensibiliser le public sur les problèmes de précarité.

La présence de Sophie Binet sur le terrain a contribué à renforcer le message de la CGT. Elle a exprimé une critique acerbe envers les fortunes des propriétaires d’Auchan, en déclarant : « Nous pouvons remercier la famille Mulliez, sixième fortune de France, de nous recevoir de façon aussi gracieuse ».

La situation des travailleurs à temps partiel, souvent des femmes, a également été mise en avant par Mme Binet, qui a souligné que beaucoup d’entre elles vivent avec moins de 1.000 euros par mois. Elle a appelé à une mobilisation plus large pour faire entendre la voix des travailleurs avant le vote d’une proposition de loi à l’Assemblée nationale le 10 avril, permettant à certains salariés de travailler le 1er mai.

Cette proposition de loi a été adoptée par le Sénat en juillet, mais n’a pas pu être votée à l’Assemblée nationale en raison de contraintes de temps. La CGT a dénoncé des revalorisations salariales jugées « dérisoires » et « indécentes », qualifiant cela de « déclaration de guerre » contre les employés.

La situation des salariés du commerce est préoccupante. Un questionnaire mis en place par la CGT a révélé que, en moyenne, les travailleurs disposent de 500 à 700 euros pour vivre après leurs dépenses. De plus, 80 % des répondants ont indiqué qu’ils n’ont plus de loisirs, illustrant ainsi l’ampleur de la précarité à laquelle ils sont confrontés.

Auchan, sollicité par l’AFP, a déclaré attendre l’intervention des forces de l’ordre pour rouvrir le magasin au plus vite. De son côté, Action a précisé que son magasin de Bagnolet a été fermé « par mesure de précaution » pour garantir la sécurité de ses clients et de ses employés, démentant toute grève en cours.

Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte plus large de mécontentement au sein du secteur de la grande distribution, où les salariés font face à une pression accrue et à des conditions de travail de plus en plus précaires.