La rentrée des vacances de la Toussaint s’est ouverte sous une tension palpable, marquée par des blocages dans plusieurs lycées français. Ce lundi 2 novembre 2026, des établissements ont été bloqués à l’appel des organisations étudiantes et lycéennes, qui poursuivent un mouvement lancé il y a six semaines, malgré les concessions récentes du gouvernement.
EN BREF
- Des blocages de lycées ont eu lieu à la rentrée post-vacances.
- Les organisations lycéennes continuent de revendiquer des changements significatifs.
- Le gouvernement a annoncé des mesures, jugées insuffisantes par les mobilisés.
Ce lundi, Pierre Sourzat, président de l’organisation Les Lycéens, avait prévenu : « Les lycées seront bloqués dès lundi ». Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a confirmé qu’environ 41 établissements, soit 1 % des lycées français, étaient effectivement bloqués, principalement en Île-de-France et dans le Nord, ainsi qu’à Toulouse.
À Marseille, le lycée Montgrand a vu son accès entravé par des bennes à ordures disposées en travers des grilles. Un lycéen a exprimé : « On a repris le mouvement parce qu’on nous a soi-disant apporté des réponses, mais qui ne conviennent pas du tout, ce n’est clairement pas suffisant. » Dans cette ville, sur 75 établissements, environ sept étaient signalés comme bloqués.
À Toulouse, des élèves ont renforcé leurs installations de blocage devant le lycée Berthelot. Anton, 17 ans, a déclaré : « Ce ne sont pas deux annonces du gouvernement qui vont arrêter le mouvement. On demande des choses concrètes plutôt que de la démagogie. » Les lycéens des Arènes, quant à eux, ont afflué pour empêcher l’accès à leur établissement.
La mobilisation de ces jeunes s’inscrit dans un contexte plus large, où la priorité de nombreux élèves est de retrouver un rythme scolaire normal. Un élève de seconde a souligné : « Je soutiens le mouvement et les revendications, mais là c’est chaud, ça fait un mois qu’on n’a pas eu cours. » Cette situation inquiète également les enseignants, notamment ceux dont les élèves passent le baccalauréat cette année.
Le 31 octobre dernier, le gouvernement avait tenté de désamorcer la crise en annonçant plusieurs mesures : remplacement de Parcoursup d’ici 2028, annulation de suppressions de postes, création de nouveaux emplois et plafonnement des effectifs par classe. Malgré cela, la réaction des organisations lycéennes a été claire : ces annonces sont jugées insuffisantes.
Marius Mesnil, co-secrétaire général de l’USL, estime que même si ces mesures représentent un « premier pas », elles ne répondent pas pleinement aux attentes des jeunes. « La colère continue. On ne sent pas du tout un essoufflement », a-t-il précisé. Un autre membre d’Interfac Île-de-France a renchéri, convaincu que le mouvement allait se poursuivre.
Au milieu de cette agitation, les chefs d’établissement se montrent préoccupés. Agnès Andersen, secrétaire générale du syndicat de chefs d’établissement ID-FO, a confié à l’AFP : « Personne ne sait à quoi s’attendre, tout le monde est un peu sur le qui-vive. » Carole Zerbib, proviseure d’un lycée parisien, a ajouté que la profession était déjà sur les rotules avant les vacances.
En réponse à la situation, la police a prévu de renforcer ses effectifs pour sécuriser les établissements scolaires. « Le temps d’un retour en classe est venu », a déclaré l’entourage d’Emmanuel Macron, tout en reconnaissant que ce type de mouvement ne se termine jamais de manière nette. Marius Mesnil a précisé : « Si le gouvernement annonce que nos revendications seront écoutées, on retourne en cours. »
Les organisations étudiantes, regroupées au sein de l’intersyndicale, continuent d’exiger un investissement significatif de 10 milliards d’euros dans l’éducation et l’abrogation de Parcoursup. La mobilisation est donc loin d’être terminée, et les lycéens semblent déterminés à faire entendre leurs voix.