Mobilisation lycéenne : l’acte V face à un gouvernement en quête de calme

Ce mardi 13 octobre, les lycéens se mobilisent à nouveau pour une journée nationale de manifestations, malgré les espoirs du gouvernement de voir le mouvement ralentir avant les vacances scolaires. Alors que les revendications demeurent inchangées, les étudiants estiment que leurs demandes sont ignorées et réclament une réponse plus substantielle.

EN BREF

  • Les lycéens manifestent pour l’acte V, réclamant des changements dans l’éducation.
  • Entre 130 000 et 200 000 personnes sont attendues dans les rues de France.
  • Le gouvernement note une décélération du mouvement, mais les violences s’intensifient.

À Paris, la manifestation partira à 14 heures de la place d’Italie pour se diriger vers les Invalides, à proximité de Matignon et du ministère de l’Éducation. « Ils ne nous écoutent pas, nous allons les chercher », a déclaré l’Union étudiante sur X. Les organisations lycéennes et étudiantes demandent également à être reçues par le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Outre cette manifestation principale, d’autres rassemblements sont prévus dans plusieurs villes, notamment à Rennes, Poitiers, Toulouse, Lyon et Marseille. Un appel à une autre manifestation, non déclarée, est également relayé sur les réseaux sociaux, principalement par la Fédération Syndicale Étudiante.

Les autorités estiment qu’entre 130 000 et 200 000 personnes pourraient participer aux manifestations de ce jour. Lors de la première journée de manifestations la semaine dernière, les chiffres variaient entre 266 000 et 450 000 personnes, selon les sources, avec notamment entre 56 000 et 100 000 manifestants à Paris.

Les participants espèrent également créer un lien avec la mobilisation « contre la vie chère », prévue pour le samedi 17 octobre, qui coïncide avec le début des vacances de la Toussaint. « Le 17, c’est la réunion des causes. Nous ne serons pas seuls, des familles et des travailleurs se joindront à nous, c’est très important », a déclaré Félix Nifaut, un lycéen de Muret, près de Toulouse.

Les syndicats de l’Éducation nationale, unis dans leur appel à la mobilisation, insistent sur la nécessité d’un changement. Dans un communiqué, ils soulignent que « le mouvement social est en position de force » et dénoncent le manque de propositions concrètes de la part du gouvernement. Ils appellent à l’annulation des suppressions d’emplois prévues et à des augmentations de salaires sans conditions.

La secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a également affirmé l’importance de protéger cette mobilisation, considérée comme d’intérêt général.

Du côté du gouvernement, un constat de décélération du mouvement est émis. Le ministère de l’Éducation indique que 96,5 % des établissements étaient ouverts lundi dernier, avec seulement 130 fermetures, contre 172 vendredi. Toutefois, le ministère signale une intensification des violences, avec plusieurs membres du personnel de l’Éducation nationale blessés.

« L’école est sacrée. On ne touche pas à un professeur, on ne touche pas à l’institution scolaire », a déclaré le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, en réponse à ces violences, qui incluent des attaques graves sur des membres du personnel éducatif.

Un autre lycéen, Anton Pichon, a précisé que le blocage quotidien n’était pas soutenable. Il estime qu’il est crucial de se concentrer sur les jours stratégiques pour maintenir le soutien des parents et des enseignants.

Le président Emmanuel Macron a demandé que la mobilisation se déroule dans le calme et le respect. En réaction à la montée des tensions, le gouvernement a progressivement adopté une approche politique, mais sans convaincre les organisations lycéennes.

Édouard Geffray a annoncé le déploiement urgent de 3 000 professeurs remplaçants dans les lycées les plus touchés. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a confirmé que ce déploiement était déjà en cours.

Pour tenter d’apaiser la situation, le ministre de l’Éducation nationale doit rencontrer les principales organisations lycéennes ce jeudi. Cette réunion vise à discuter des revendications et à trouver des solutions pour une issue pacifique à ce mouvement social qui prend de l’ampleur.