Alors que l’US Open 2026 touche à sa fin à New York, ce samedi 12 septembre revêt une signification particulière pour Monica Seles. En effet, il y a 34 ans, elle remportait son deuxième et dernier US Open, un moment de gloire qui a rapidement été assombri par une tragédie personnelle. Ce souvenir, mêlé de succès et de douleur, illustre le parcours tumultueux de l’ancienne championne.
EN BREF
- Monica Seles a remporté son dernier US Open il y a 34 ans, le 12 septembre 1992.
- Elle a été victime d’une agression au couteau en 1993, marquant un tournant dans sa carrière.
- Depuis 2025, elle vit avec la myasthénie grave, une maladie neuromusculaire auto-immune.
Ce jour-là, en 1992, Monica Seles, alors âgée de 19 ans, s’imposait face à Arantxa Sánchez-Vicario, confirmant son statut de numéro 1 mondiale. Elle avait déjà accumulé huit titres du Grand Chelem, dont deux US Open consécutifs. Cependant, quelques mois plus tard, sa vie basculait lors d’un tournoi à Hambourg. Le 30 avril 1993, alors qu’elle affrontait Magdalena Maleeva, un fan de sa rivale Steffi Graf l’attaquait avec un couteau, lui infligeant des blessures profondes. Bien que ses organes vitaux n’aient pas été touchés, cet événement traumatisant plongeait Seles dans une dépression sévère.
La guérison physique ne suffisait pas à apaiser les conséquences psychologiques. Monica Seles mettait près de 27 mois avant de retrouver les courts, faisant son retour à Toronto en 1995. Ironiquement, elle remportait ce tournoi dès son retour, mais son parcours ne sera plus jamais le même. En dépit de son succès, elle ne retrouvera jamais la domination qu’elle avait auparavant. Son dernier titre du Grand Chelem, l’Open d’Australie, date de janvier 1996, et elle se retire finalement du tennis professionnel en 2008.
Plus de trois décennies après cette agression, Monica Seles doit encore faire face à de nouveaux défis. En août 2025, elle révèle être atteinte de myasthénie grave, une maladie auto-immune qui provoque une faiblesse musculaire. Dans une interview accordée à l’Associated Press, elle décrit comment cette maladie impacte son quotidien, notamment lors de ses activités avec des enfants, où elle a commencé à voir double. « Je vois deux balles », avoue-t-elle, soulignant la difficulté d’exécuter des gestes simples comme se sécher les cheveux.
Ce nouveau coup du sort rappelle à Seles les épreuves qu’elle a déjà traversées. À son arrivée aux États-Unis à 13 ans, elle a dû surmonter la barrière de la langue et la séparation d’avec sa famille. Plus tard, la célébrité et l’attention médiatique lui ont imposé un mode de vie difficile à gérer. L’agression de 1993 a nécessité une reconstruction complète de sa vie. « Devenir une grande joueuse, c’est aussi une remise à zéro », explique-t-elle, soulignant les adaptations nécessaires après chaque bouleversement.
Monica Seles voit son diagnostic comme un nouveau départ. Elle encourage les jeunes qu’elle encadre à toujours s’adapter face aux défis. « Comme je le dis aux enfants : “Vous devez toujours vous adapter. La balle rebondit et vous devez simplement vous adapter” », confie-t-elle. À ce titre, elle est désormais impliquée dans le programme Challenge MY gMG, visant à sensibiliser le public à cette maladie rare et à apporter un soutien concret aux personnes touchées.
Au-delà des titres et des trophées, le parcours de Monica Seles est un véritable témoignage de résilience. Sa capacité à surmonter les obstacles, qu’ils soient physiques ou émotionnels, inspire non seulement les amateurs de tennis, mais aussi ceux qui font face à des défis dans leur propre vie.