Montpellier innove pour lutter contre le moustique tigre en stérilisant les mâles

À l’approche de l’été, le moustique tigre, redouté pour ses piqûres et les maladies qu’il peut transmettre, envahit les jardins et terrasses du sud de la France. Pour faire face à cette menace croissante, la ville de Montpellier a décidé de mettre en œuvre une méthode originale et prometteuse : la stérilisation des moustiques mâles.

EN BREF

  • Montpellier relâche 85 000 moustiques mâles stériles pour réduire leur population.
  • Cette méthode, déjà testée à l’international, vise à limiter la reproduction des moustiques.
  • Une approche écologique sans pesticides pour préserver l’environnement local.

Le 22 août dernier, dans le quartier de Malbosc, près de 85 000 moustiques tigres mâles stériles ont été relâchés. Ces insectes, produits par la start-up montpelliéraine Terratis, ont subi un traitement par rayons X afin de les rendre incapables de se reproduire. Leur mission est simple : s’accoupler avec les femelles sauvages, qui ne s’accouplent qu’une seule fois dans leur vie.

Clélia Oliva, présidente de Terratis, précise : « En s’assurant que le premier accouplement des femelles se fasse avec nos mâles stériles, nous garantissons que les œufs pondus ne seront pas viables ». Cette technique pourrait permettre d’atteindre une réduction de la fertilité d’environ 60 % des œufs dès la première année. Elle ne vise pas à éliminer complètement les moustiques, mais à préparer un avenir plus serein pour les saisons suivantes.

Florian Vernichon, écologue chez Terratis, souligne l’importance de cette méthode : « Une femelle qui s’accouple avec un mâle stérile continuera à pondre des œufs stériles tout au long de sa vie ». Ainsi, la régulation de la population de moustiques pourrait se faire de manière progressive et naturelle.

Le moustique tigre, en plus d’être une nuisance, est un vecteur potentiel de maladies comme le chikungunya et la dengue. Pascale Berthommé, directrice déléguée Santé Publique et Environnementale à Montpellier, souligne que diminuer la population de ces moustiques peut également réduire le risque de transmission de ces maladies.

Cette approche se veut également respectueuse de l’environnement. En évitant l’usage de pesticides, Montpellier mise sur une régulation naturelle de la reproduction des moustiques. La ville, en partenariat avec l’Établissement Interdépartemental de Démoustication (EID) Méditerranée, mettra en place un suivi rigoureux de l’efficacité de cette méthode, en analysant les œufs et surveillant l’évolution de la population adulte.

Cette initiative innovante s’inscrit dans un cadre plus large de sensibilisation et de prévention des nuisances causées par le moustique tigre. Les résultats de cette expérience pourraient bien inspirer d’autres villes confrontées à ce même problème, faisant de Montpellier un modèle à suivre pour une lutte écologique et efficace contre ce fléau.

Les enjeux de cette lutte vont au-delà de la simple nuisance. La santé publique et le bien-être des citoyens sont en jeu, et Montpellier semble déterminée à prendre les devants dans cette bataille contre le moustique tigre. Les mois à venir seront cruciaux pour évaluer l’impact de cette méthode audacieuse.