Moody’s maintient la note souveraine de la France, mais alerte sur des risques politiques

Cette semaine, l’agence de notation Moody’s a confirmé la note souveraine de la France, classant sa dette parmi celles « de bonne qualité ». Malgré cette stabilité, un avertissement concernant une possible dégradation future a été émis, en raison d’une perspective négative liée à des incertitudes politiques. Cette décision survient dans un contexte où le déficit public de la France a connu une amélioration significative l’année dernière.

EN BREF

  • Moody’s maintient la note souveraine de la France à Aa3, soulignant une dette de bonne qualité.
  • Le déficit public a diminué, mais des risques politiques persistent pour l’avenir.
  • Une croissance modérée est prévue pour 2026, dépendant de la stabilité économique mondiale.

Dans son communiqué publié vendredi soir, Moody’s a souligné que l’accord budgétaire trouvé cette année entre la gauche modérée et le centre droit, dans un Parlement français fracturé, renforce la perception de la solidité des institutions et de la gouvernance en France. Cette évaluation est d’autant plus pertinente alors que Moody’s maintient la France au-dessus de ses concurrentes Fitch et Standard & Poor’s, qui lui attribuent respectivement une note de A+.

Moody’s a également noté que le déficit budgétaire prévu pour 2026 s’établit à 5 %, légèrement inférieur à la prévision de 5,2 % du PIB. Le déficit public réalisé en 2025 a également baissé à 5,1 %, après un ajustement à 5,8 % en 2024, ce qui constitue un élément positif pour la solvabilité de la France. Toutefois, l’agence a mis en garde contre le manque de clarté des mesures à venir pour la réduction du déficit au-delà de 2026.

Le rapport indique que « un risque important demeure » quant à la capacité des partis politiques à s’accorder sur des mesures de consolidation pour 2027 et les années suivantes. Selon Moody’s, la fragmentation du paysage politique français pourrait continuer à entraver le bon fonctionnement des institutions législatives. Ce constat est d’autant plus crucial à l’approche des élections présidentielles de 2027.

En outre, l’agence de notation a exprimé des préoccupations concernant la hausse des coûts d’emprunt de l’État français, exacerbée par le conflit au Moyen-Orient, ce qui pourrait affecter les prévisions relatives à la capacité de remboursement de la dette publique. Moody’s anticipe une croissance de 1 % en 2026, en légère augmentation par rapport à 0,9 % en 2025, avec une inflation prévue à 1,4 % pour 2026, contre 1,0 % en 2025.

Cette perspective de croissance dépendra cependant de la capacité à contenir les effets du conflit au Moyen-Orient sur les prix de l’énergie et l’économie mondiale. La Banque de France, quant à elle, prévoit également une croissance de 0,9 % pour cette année, mais son gouverneur, François Villeroy de Galhau, a récemment exprimé un certain optimisme, évoquant un retour vers un scénario économique plus favorable.

En réaction à la décision de Moody’s, le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, a simplement « pris note » de cette évaluation, qui était largement anticipée par les économistes. Ces derniers s’attendaient à ce que l’agence de notation prenne en compte l’amélioration du déficit public observée l’an dernier.

Les analystes estiment que la question de l’instabilité politique pourrait revenir à l’ordre du jour cet été, alors que le gouvernement se préparera à un budget potentiellement complexe avant les élections présidentielles. Paul Chollet, chef économiste de Crédit mutuel Arkéa, a noté que Moody’s pourrait envisager de modifier la note de la France à l’automne prochain, en fonction de l’évolution du paysage politique.

En attendant, la prudence reste de mise alors que les acteurs économiques surveillent de près l’évolution des débats politiques et les décisions budgétaires à venir.