Le créateur de contenu Mounim Sabhi, suivi par plus de 100 000 abonnés sur TikTok, a été placé en garde à vue le 21 septembre 2026, selon le procureur de la République de Blois. Il a été interpellé au sein du manoir où il héberge des sans-abris et des personnes en situation précaire. Cette arrestation s’inscrit dans le cadre d’une enquête sur des accusations de violences et d’humiliations infligées aux individus qu’il accueille.
EN BREF
- Mounim Sabhi est soupçonné d’avoir commis des violences sur des personnes vulnérables.
- Il filme le quotidien de ses hébergés, diffusant des vidéos sur plusieurs plateformes.
- Six chefs d’infraction ont été retenus, dont des violences et humiliations.
Les vidéos diffusées par Mounim Sabhi, sous le nom de « lateamduchateau », ont attiré l’attention, cumulant des centaines de milliers de vues. Ce format, qui rappelle la téléréalité, montre son quotidien avec les résidents du manoir situé à Saint-Gervais-la-Forêt. Cependant, une enquête ouverte depuis avril 2026 a révélé des allégations de « nombreux faits de violences et d’humiliations » à l’encontre des personnes hébergées.
Le procureur a précisé que ces individus « présentent pour la plupart une grande vulnérabilité et/ou précarité ». Les accusations portent sur plusieurs infractions, notamment des violences sur une personne vulnérable, ainsi que la diffusion d’images relatives à des atteintes à l’intégrité physique. D’autres accusations incluent la provocation à la haine ou à la violence en raison du handicap ou du sexe.
Un des éléments les plus graves relevés dans cette affaire est l’infraction d’« abus frauduleux de l’état de sujétion d’une personne par pressions ou procédés propres à altérer son jugement ». Cette infraction, qui peut entraîner cinq ans d’emprisonnement et 750 000 euros d’amende, met en lumière la responsabilité des créateurs de contenu envers les personnes qu’ils filment.
Mounim Sabhi n’est pas étranger à la controverse. En avril, il a été condamné pour refus d’obtempérer et conduite en état d’ivresse. Actuellement, il doit également faire face à des accusations de violences conjugales, tandis qu’une enquête pour viol est en cours, comme l’a affirmé Stéphane Javet à l’AFP.
En parallèle, Sabhi est sous contrôle judiciaire depuis septembre 2025 en raison d’affaires liées à l’escroquerie en bande organisée, au travail dissimulé, à l’abus de biens sociaux et au blanchiment d’argent. Ces multiples accusations révèlent un tableau complexe et préoccupant de la situation de ce créateur de contenu.
Cette affaire intervient dans un contexte où la dérive de certains contenus en ligne devient un sujet de débat public. Début août, des streamers avaient été condamnés pour des violences et humiliations en ligne, ce qui souligne la nécessité d’une réflexion sur les limites éthiques et légales du streaming. La situation de Mounim Sabhi pose ainsi la question de la responsabilité des créateurs face à leur public et à ceux qu’ils mettent en lumière.
La suite de cette affaire sera scrutée de près, tant pour les implications judiciaires que pour les répercussions sur le monde du streaming. Les créateurs de contenu sont appelés à prendre conscience des enjeux éthiques et sociaux de leur activité.