Moyen-Orient : déclarations du président iranien stimulent les marchés mondiaux

Les marchés financiers connaissent un regain d’optimisme ce mardi, grâce aux déclarations du président iranien, Massoud Pezeshkian, qui a exprimé la volonté de l’Iran de « mettre fin » au conflit avec Israël et les États-Unis. Cette annonce a eu un impact immédiat sur les indices boursiers, notamment à Wall Street, où le Nasdaq a enregistré une hausse de 3,28% et le S&P 500 de 2,41% juste avant la fermeture.

EN BREF

  • Les marchés financiers réagissent positivement aux déclarations du président iranien.
  • Les Bourses européennes affichent également des hausses significatives.
  • L’inflation en zone euro atteint son plus haut niveau depuis janvier 2025.

Lors d’une conversation téléphonique avec Antonio Costa, président du Conseil européen, Massoud Pezeshkian a précisé qu’il souhaitait des garanties pour prévenir toute répétition d’agression. Cette volonté de désescalade a ravi les investisseurs, favorisant un climat propice à la prise de risques sur les marchés.

Avant ces annonces, le Dow Jones était déjà en territoire positif, soutenu par des informations favorables. Selon le Wall Street Journal, Donald Trump aurait exprimé à ses conseillers son intention d’interrompre sa campagne militaire, arguant que forcer la réouverture du détroit d’Ormuz pourrait prolonger le conflit au-delà de ses prévisions initiales. Washington s’orienterait vers une approche diplomatique pour obtenir de Téhéran le déblocage de cette voie maritime stratégique, à travers laquelle transite environ un cinquième des hydrocarbures mondiaux.

Les Bourses européennes n’ont pas été en reste, enregistrant des hausses à la clôture : Francfort a progressé de 0,52%, Londres de 0,48%, Milan de 1,11% et Paris de 0,57%. Néanmoins, la Bourse de Paris subit son plus fort recul mensuel depuis mars 2020, avec une baisse de 8,90%, conséquence directe du conflit militaire en cours.

Ce climat d’attentisme se reflète également dans les volumes d’échanges, jugés très bas. David Kruk, directeur du trading à la Financière de l’Echiquier à Paris, observe : « Plus personne n’ose rien faire ». De plus, le cours du pétrole reste élevé, avec une forte demande pour le baril de Brent, dont le prix a grimpé de 5,96% à 119,50 dollars pour livraison en mai. En revanche, le Brent pour livraison en juin, qui deviendra contrat de référence mercredi, a légèrement baissé à 107,20 dollars.

Face à cette situation, l’Union européenne a souligné la nécessité de réduire la demande de pétrole en Europe. Aux États-Unis, le prix du gallon a atteint quatre dollars à la pompe pour la première fois depuis 2022, selon l’American Automobile Association (AAA).

Inflation et taux d’intérêt en hausse

Les tensions économiques se poursuivent avec l’inflation dans la zone euro qui a atteint 2,5% sur un an en mars, contre 1,9% en février, un niveau qui n’avait pas été observé depuis janvier 2025. Cette augmentation des prix, particulièrement dans le secteur de l’énergie, est directement liée au conflit au Moyen-Orient, d’après les premières estimations d’Eurostat.

Les craintes d’une inflation persistante continuent d’influencer les taux d’intérêt des dettes souveraines des pays de la zone euro. Le taux d’intérêt de la dette française à dix ans s’est stabilisé à 3,72%, après avoir atteint des sommets historiques depuis le début de la guerre. Le taux de rendement des titres allemands de même échéance, référence en Europe, reste également élevé, autour de 3%, un niveau que l’on n’avait plus vu depuis 2011.

Une inflation supérieure réduit la valeur réelle des remboursements effectués par un emprunteur à ses créanciers. Par conséquent, ces derniers exigent des taux d’intérêt plus élevés pour que leur investissement demeure rentable. Les marchés financiers, tout en fléchissant sous le poids de l’incertitude, gardent un œil attentif sur l’évolution de la situation au Moyen-Orient et ses conséquences potentielles sur l’économie mondiale.