Moyen-Orient : tensions sur le marché pétrolier et Bourses en chute libre

Les récents événements au Moyen-Orient continuent d’affecter fortement les marchés financiers. Ce jeudi, les prix du pétrole ont atteint des niveaux inédits, faisant grimper les taux d’intérêt et pesant sur les Bourses mondiales. Les investisseurs, inquiets, observent de près l’évolution de la situation géopolitique qui impacte directement l’approvisionnement pétrolier.

EN BREF

  • Les prix du pétrole ont atteint un pic depuis l’été 2022.
  • Les Bourses mondiales ont terminé en baisse suite aux tensions géopolitiques.
  • TotalEnergies suspend 15% de sa production dans le Golfe.

Le prix du baril de Brent, référence mondiale pour le brut, a enregistré une hausse de 9,22%, atteignant 100,46 dollars. Son homologue américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), a également vu son prix grimper de 9,72% pour atteindre 95,73 dollars. Ces niveaux n’avaient pas été observés depuis l’été 2022, période marquée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Les marchés restent sous pression, aggravée par la décision de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) de puiser dans ses réserves stratégiques, une mesure sans précédent visant à compenser la perte de millions de barils quotidiennes en provenance du Golfe. En tout, 400 millions de barils seront prélevés, jugés insuffisants par des experts pour contrer la réduction des flux passant par le détroit d’Ormuz. Angelo Kourkafas, d’Edward Jones, a comparé cette situation à « pointer un tuyau d’arrosage vers un incendie de raffinerie ».

Un contexte d’incertitude croissante

Depuis le déclenchement du conflit le 28 février, le trafic maritime dans cette zone cruciale pour le commerce mondial est quasiment à l’arrêt. Le géant pétrolier français TotalEnergies a annoncé la suspension partielle de sa production, représentant environ 15% de ses activités mondiales. D’autres producteurs de la région réduisent également leur production, ce qui constitue « la plus importante perturbation » de l’approvisionnement en pétrole de l’histoire, selon l’AIE.

Dans un contexte d’escalade, le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a affirmé, lors de sa première intervention publique, que le détroit d’Ormuz resterait fermé. Toutefois, le vice-ministre des Affaires étrangères a signalé que certains pays avaient demandé à l’emprunter et que des discussions étaient en cours.

Le président américain, Donald Trump, a souligné que la priorité était de stopper l’Iran, même si cela devait entraîner une hausse des prix du pétrole. Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marchés chez IG France, a précisé que les marchés percevaient la situation comme « absolument pas sous contrôle », ce qui a conduit à une nouvelle chute des Bourses mondiales.

Impact sur les marchés financiers

À Wall Street, les indices ont enregistré des pertes significatives : le Dow Jones a chuté de 1,56%, le Nasdaq a cédé 1,78% et l’indice élargi S&P 500 a perdu 1,52%. En Europe, les marchés ont également souffert, avec Paris et Milan en baisse de 0,71%, tandis que Londres a reculé de 0,47% et Francfort de 0,21%.

Les taux d’intérêt continuent également d’augmenter, reflétant les inquiétudes croissantes des investisseurs. Kevin Thozet, membre du comité d’investissement chez Carmignac, a indiqué que le marché anticipait un choc d’offre, avec une demande élevée et des approvisionnements en baisse, ce qui pourrait entraîner des pressions inflationnistes. Le taux de l’emprunt allemand à 10 ans a atteint 2,95%, son plus haut niveau depuis 2023, tandis que le taux français a grimpé à 3,61%, un record depuis 2011.

Les tensions sur le marché énergétique ont également renforcé la position du dollar, qui a gagné plus de 2% par rapport à l’euro depuis le début de l’année, atteignant 1,1511 dollar pour un euro. Les taux d’emprunt de l’État américain ont également enregistré une hausse à 4,26%.

Face à cette situation, les acteurs du marché continuent de surveiller de près les développements géopolitiques, conscients que chaque nouvelle information peut influencer les prix et les tendances économiques à venir. Les mois à venir s’annoncent déterminants pour l’avenir du marché pétrolier et des Bourses mondiales.