À quelques mois des élections municipales prévues les 15 et 22 mars 2026, un constat alarmant émerge : 68 communes en France se retrouvent sans candidats. Ce phénomène, bien que moins marqué qu’en 2020 où 106 communes avaient déjà signalé ce problème, soulève des questions sur l’engagement et la relève politique au niveau local.
EN BREF
- 68 communes n’ont pas de candidats pour les municipales de mars 2026.
- Le nombre de communes sans candidat est en baisse par rapport à 2020.
- Les démissions d’élus locaux sont en forte hausse, compliquant la relève.
Ce recul, qui pourrait être perçu comme une bonne nouvelle, est tempéré par l’analyse de Géraldine Chavrier, chercheuse à l’université Panthéon-Sorbonne, qui souligne que les changements réglementaires imposant des listes complètes et équilibrées en termes de parité compliquent encore davantage la situation. Ces nouvelles règles s’appliquent même aux communes de moins de 1 000 habitants, rendant la tâche plus ardue pour les potentiels candidats.
En cas d’absence de candidats, la gestion de la commune sera assurée pendant trois mois par une équipe transitoire nommée par le préfet. Ce processus pourrait se prolonger indéfiniment jusqu’à l’élection d’un nouveau conseil municipal ou, en dernier recours, à la fusion avec une commune voisine.
Une fatigue palpable parmi les élus sortants
Le phénomène des communes sans candidats s’explique en partie par une fatigue généralisée des élus. À Rothau, dans le Bas-Rhin, la commune la plus peuplée à ne pas avoir enregistré de liste, le maire sortant Marc Scheer, âgé de 77 ans, évoque une lassitude face à la gestion des affaires locales. Il déclare : « Il est temps, je n’ai pas envie de me retrouver comme Joe Biden, en train de se casser la figure et de bafouiller ! »
Les démissions des maires sont en forte hausse, avec environ 2 200 démissions enregistrées entre juillet 2020 et mars 2025. Cette tendance rend la tâche de trouver des remplaçants encore plus difficile. Comme l’explique Géraldine Chavrier, lorsque le chef de liste abandonne, les adjoints hésitent à prendre le relais, ce qui complique la constitution de listes complètes.
Des cas emblématiques de démission
La situation à Rochejean (Doubs), une commune de 750 habitants, illustre bien cette problématique. L’ancien maire, pointé du doigt pour une gestion financière défaillante, a dû démissionner, laissant sa place à Florence Schiavon. Cette dernière, qui a accepté ce rôle « par obligation », se dit déçue du manque d’intérêt pour la succession. À 71 ans, elle exprime son désir de se consacrer à d’autres activités, après avoir supporté les critiques de certains citoyens.
Ces exemples témoignent d’une réalité préoccupante pour les collectivités locales en France. La difficulté à trouver des candidats est symptomatique d’un malaise plus profond au sein de la gouvernance locale, qui pourrait avoir des conséquences à long terme sur la qualité de la démocratie à l’échelle communale.
Les élections municipales de 2026 s’annoncent donc sous un jour inquiétant pour ces communes. Alors que le débat public s’intensifie autour de l’importance des élus locaux, la question de la relève demeure centrale. Comment redynamiser l’engagement citoyen et inciter de nouvelles générations à s’investir dans la gestion de leur commune ? La réponse à cette question sera cruciale pour l’avenir des collectivités locales en France.