À l’approche du premier tour des élections municipales, prévu le 15 mars prochain, les 900.000 candidats engagés dans cette course achèvent une période intense de campagne. Dans ce contexte, il est essentiel de s’interroger sur les règles qui régissent le financement de ces campagnes, souvent coûteuses, afin d’éviter les abus. Les dépenses doivent ainsi respecter des obligations strictes imposées par la loi.
EN BREF
- Le financement des campagnes municipales est encadré par la loi depuis le 1er septembre 2025.
- Les candidats doivent respecter des plafonds de dépenses basés sur la taille de leur commune.
- Des dons peuvent être acceptés uniquement de personnes physiques françaises ou résidant en France.
La période de financement pour les élections municipales a débuté le 1er septembre 2025 et se terminera le 22 mars 2026, à l’issue du second tour. Après cette date, les candidats disposeront jusqu’au 22 mai 2026 pour soumettre leurs comptes à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). Cette institution, créée en 1990, a pour mission de veiller au respect des règles financières applicables aux élections.
À l’origine, la CNCCFP était principalement chargée du contrôle des comptes des candidats à l’élection présidentielle. Toutefois, depuis 2014, son mandat a été élargi pour inclure tous les types d’élections. Elle s’assure également que les partis respectent leurs obligations comptables. En outre, il est de son ressort de vérifier que les candidats ne dépassent pas les plafonds de dépenses, lesquels varient en fonction de la taille de la commune. Selon le ministère de l’Intérieur, les candidats des communes de moins de 9.000 habitants ne sont pas soumis à ces plafonds.
Pour les villes de 9.000 à 15.000 habitants, le plafond de dépenses est fixé à 1,22 euro par habitant, tandis qu’il est de 0,53 euro pour celles de plus de 250.000 résidents. Lors des dernières élections municipales de 2020, le montant total des dépenses de campagne déclarées s’élevait à 116,18 millions d’euros, selon les chiffres fournis par la CNCCFP. Il est également à noter que les dépenses peuvent être remboursées par l’État si le candidat obtient au moins 5 % des suffrages au premier tour, à condition qu’il respecte les règles de transparence.
Pour financer leur campagne, les candidats peuvent recevoir des fonds d’origine privée, provenant de personnes physiques, ou d’origine publique, notamment via des partis politiques. Cependant, les financements provenant de personnes morales, telles que des entreprises ou des collectivités, sont strictement interdits. Cette mesure vise à garantir l’intégrité du processus électoral.
Conformément à l’article 26 de la loi du 15 septembre 2017, seules les personnes physiques de nationalité française ou résidant en France sont autorisées à faire des dons. De plus, les dons en espèces ne doivent pas dépasser 150 euros, avec un montant total en espèces ne pouvant excéder 20 % des dépenses autorisées pour la campagne.
Chaque candidat doit désigner un mandataire financier, qui peut être une personne physique ou une association de financement électoral. Ce mandataire est le seul habilité à recueillir les fonds nécessaires pour couvrir les frais de campagne et à gérer les paiements des dépenses jusqu’à la soumission des comptes. L’article L52-8 du code électoral précise également qu’il est interdit pour un candidat de recevoir des contributions ou aides matérielles d’un État étranger, ou d’une personne morale de droit étranger, quel que soit le type de dépense.
Les infractions à ces règles sont considérées comme des infractions pénales, selon l’article L. 113-1 du code électoral. Les candidats doivent donc naviguer avec prudence dans le cadre des financements pour éviter des sanctions qui pourraient nuire à leur campagne.
Alors que le premier tour approche, la vigilance sur le respect de ces règles de financement est cruciale pour garantir un processus électoral équitable et transparent. Les citoyens peuvent ainsi exercer leur droit de vote en toute confiance, sachant que des mécanismes de contrôle sont en place pour encadrer les dépenses des candidats.