Une suspension inattendue de Nathalie Saint-Cricq, figure emblématique de France Télévisions, soulève des interrogations sur son avenir au sein du groupe. Le 15 mars dernier, la journaliste a été sanctionnée pour un commentaire jugé inapproprié, prononcé lors d’une soirée électorale. Cet incident a mis en lumière un climat déjà tendu à France Télévisions, avec des critiques sur la neutralité de l’information et des appels à une enquête parlementaire.
EN BREF
- Nathalie Saint-Cricq suspendue pour une phrase polémique captée hors antenne.
- La direction de France Télévisions évoque un climat de tension et une enquête parlementaire.
- Saint-Cricq envisage de nouveaux projets, dont un thriller psychologique.
Tout a commencé de manière anodine lors du premier tour des élections municipales. Un micro resté ouvert a capté une remarque de Nathalie Saint-Cricq, alors que la présentatrice Myriam Encaoua s’apprêtait à introduire Éric Ciotti. La phrase « Alias Benito », faisant référence à Benito Mussolini, a rapidement fait le tour des réseaux sociaux, provoquant une onde de choc au sein du groupe. Très rapidement, la journaliste a présenté des excuses publiques, qualifiant ses propos de « inappropriés et déplacés ».
La réaction de la direction de France Télévisions n’a pas tardé. En accord avec Delphine Ernotte et Philippe Corbé, la présidente et le directeur de l’information, Nathalie Saint-Cricq a été suspendue pour une durée d’une semaine, coïncidant avec la période cruciale du second tour des élections. Une décision rare pour une journaliste de sa stature qui incarne l’éditorial politique sur le service public depuis des décennies.
Ce dérapage survient alors que la chaîne est sous le feu des critiques, notamment en raison d’une enquête parlementaire visant à examiner son fonctionnement et sa prétendue impartialité. Les avis sur cette suspension sont partagés en interne, oscillant entre soutien et lassitude. Un journaliste a confié à Télérama que Nathalie Saint-Cricq est « blagueuse et sans filtre », une caractéristique qui lui a souvent valu des échos controversés.
Dans un entretien avec Télérama, elle a reconnu que ses propos étaient le résultat d’un « humour con », tout en exprimant une certaine inquiétude sur les conséquences de cet incident. « Je n’ai jamais résisté à un bon mot. Je me suis dit que c’était vraiment moche de chuter en fin de carrière », a-t-elle déclaré, consciente de la portée de son statut dans un milieu en mutation.
Âgée de 63 ans, Nathalie Saint-Cricq représente une génération de journalistes en voie de disparition. Un de ses collègues a même commenté : « Elle est en fin de règne, mais avec elle, c’est aussi la fin d’une époque. » Cette situation rappelle que, malgré son expérience, les attentes envers les figures médiatiques évoluent rapidement.
Ce n’est pas la première fois que la journaliste se retrouve au centre de la polémique. En 2023, ses commentaires sur des sujets tels que la réforme des retraites ou Marine Le Pen avaient déjà suscité des réactions. Moins présente à l’antenne ces derniers mois, elle voit sa relève s’organiser, notamment avec l’émergence de son fils, Benjamin Duhamel, sur France 2.
Ce passage de témoin est perçu comme naturel par certains. Un proche a même déclaré : « Il y aura toujours un Duhamel sur France Télé. » En dépit des rumeurs sur son avenir, Nathalie Saint-Cricq semble ouverte à de nouveaux horizons. « Mourir sur scène, très peu pour moi », a-t-elle affirmé, tout en annonçant la publication prochaine de son thriller psychologique, La Petite Mère, ainsi que d’une pièce de théâtre comique.
Ce dernier épisode de sa carrière pourrait ainsi marquer un tournant décisif, lui permettant de redéfinir son rôle au-delà des écrans. À l’aube de nouvelles aventures, elle semble prête à écrire un nouveau chapitre de son parcours, tout en gardant intact son sens de l’humour et sa passion pour la formule qui fait mouche.