Pour de nombreux jardiniers, le passage des Saints de Glace marque le début de la saison des plantations. Après Mamert, Pancrace et Servais, célébrés les 11, 12 et 13 mai, on pense généralement que les risques de gel sont écartés. Cependant, les climatologues alertent sur un quatrième saint, moins connu, qui pourrait bien compromettre vos efforts au jardin.
EN BREF
- Le 25 mai, jour de la Saint Urbain, est un risque de gel tardif à ne pas négliger.
- Des gelées peuvent encore survenir jusqu’au début juin, même après les Saints de Glace.
- Des précautions sont nécessaires pour protéger les jeunes plants en cas de baisse des températures.
La tradition populaire a ancré dans les esprits l’idée que les Saints de Glace constituent une barrière contre les gelées. Pourtant, les données de Météo-France, analysées entre 2006 et 2020, montrent que ces dates ne garantissent pas la fin des risques de gel. En réalité, elles représentent davantage un repère culturel qu’une protection météorologique fiable.
Des études indiquent également que, dans certaines régions françaises, des gelées en plaine peuvent encore se produire jusqu’au début juin. Les Chambres d’Agriculture, notamment dans les zones viticoles, recommandent ainsi de ne pas se fier uniquement au 13 mai et de rester vigilant face aux prévisions météorologiques encore plusieurs semaines après.
C’est dans ce contexte que le 25 mai, jour de la Saint Urbain, prend toute son importance. Ce pape du IIIe siècle, célébré par les vignerons, est souvent ajouté à la liste des Saints de Glace. Ce jour-là, des coulées d’air froid peuvent encore surprendre les cultures, mettant en péril les jeunes plants et les bourgeons en pleine floraison.
À ce stade du printemps, la sève est montée, et les jeunes fruits commencent à se former. Un gel radiatif pouvant atteindre -2°C pourrait détruire les tissus reproducteurs des plantes, compromettant ainsi la production de l’année. En avril 2021, un épisode de gel a entraîné une diminution de 25 % de la production viticole française par rapport à la moyenne des cinq années précédentes, soulignant la gravité de ce phénomène.
Face à ces risques, les spécialistes conseillent d’adopter une vigilance accrue jusqu’à la Saint Urbain. Il est recommandé de maintenir ses applications météo actives après le 13 mai et de prêter attention aux nuits claires et sans vent, caractéristiques de ce que l’on appelle la « lune rousse ». Un paillage épais autour des tomates, courges, aubergines ou jeunes arbres fruitiers peut également aider le sol à conserver la chaleur accumulée durant la journée.
Si des gelées sont annoncées autour du 25 mai, il peut être judicieux de ressortir les voiles de forçage et les tunnels, même si vous avez déjà commencé vos plantations. Un léger arrosage en fin d’après-midi peut également offrir une protection : l’eau, en gelant, libère une chaleur qui aide à maintenir les bourgeons juste au-dessus du point critique.
Il est courant d’entendre des anecdotes de jardiniers ayant subi les conséquences de gelées tardives, comme celui qui a repiqué ses courgettes le 15 mai et s’est retrouvé avec un potager ravagé le 25. Ce dernier piège du printemps illustre bien que, malgré un réchauffement climatique qui fait démarrer les plantes plus tôt, le risque de gel persiste.