Le 11 avril 2026, à Islamabad, de hauts responsables iraniens et américains ont engagé des discussions marathon, s’étendant sur près de 15 heures, dans l’espoir d’instaurer un accord de trêve durable au milieu d’un conflit qui perturbe gravement l’économie mondiale. Ce format trilatéral, incluant des représentants pakistanais, marque une étape sans précédent dans les relations entre ces deux nations depuis la Révolution islamique de 1979.
EN BREF
- Négociations de 15 heures entre l’Iran et les États-Unis à Islamabad.
- Discussion d’un cessez-le-feu dans un contexte de conflit intense.
- Les pourparlers incluent des représentants pakistanais et d’autres acteurs régionaux.
Les pourparlers, qui se sont tenus dans un hôtel de la capitale pakistanaise, ont débuté dans l’après-midi et se sont prolongés bien au-delà de minuit. Les deux parties ont prévu une pause avant l’aube pour reprendre les discussions. Le vice-président américain JD Vance mène la délégation américaine, assisté de personnalités influentes telles que l’émissaire spécial Steve Witkoff et Jared Kushner. L’Iran, quant à lui, est représenté par Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement, et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, à la tête d’une imposante délégation de 70 personnes.
La Maison Blanche a décrit l’atmosphère des négociations comme étant cordiale, un responsable pakistanais ayant déclaré que « les pourparlers progressent dans la bonne direction ». Toutefois, aucune image des discussions n’a été diffusée, laissant planer un certain flou sur les avancées réelles.
Au cœur des discussions figure le détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour l’approvisionnement en hydrocarbures, qui reste de facto bloqué depuis le début du conflit. Les conséquences de cette situation sur l’économie mondiale sont déjà visibles, avec des pénuries et des hausses de prix. Les médias iraniens rapportent que les États-Unis ont formulé des demandes jugées « excessives » concernant cette question.
Donald Trump, le président américain, a exprimé un optimisme mesuré lors d’une déclaration : « Nous sommes dans des négociations avancées avec l’Iran. Nous gagnons de toute manière, nous les avons vaincus militairement ». Il a ajouté que l’issue des discussions lui importait peu. En revanche, l’armée américaine a fait savoir que deux de ses destroyers avaient opéré dans le détroit d’Ormuz, préparant le terrain pour un éventuel déminage.
Du côté iranien, les Gardiens de la Révolution ont averti qu’ils réagiraient « avec sévérité » à toute présence militaire dans le détroit. Cette tension fait écho à une guerre qui a débuté le 28 février, suite à une offensive israélo-américaine contre l’Iran, causant des milliers de pertes humaines, principalement en Iran et au Liban.
Des progrès ont été évoqués par des médias iraniens, faisant état d’une « acceptation par les États-Unis de la libération des avoirs iraniens », bien qu’un responsable américain ait rapidement démenti cette information. Ces pourparlers sont également surveillés de près par d’autres acteurs régionaux, notamment l’Égypte, la Turquie et la Chine, qui se coordonnent avec le Pakistan dans les efforts diplomatiques.
Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a souligné la complexité de la situation, prédisant que cette étape serait « difficile » pour instaurer une trêve durable. Il a engagé un parallèle avec l’expression anglaise « make or break », soulignant l’importance cruciale de ces négociations.
Sur le terrain, les habitants de l’Iran, confrontés à une coupure d’Internet imposée par les autorités, expriment leur scepticisme quant aux intentions réelles de Trump. Un habitant a partagé son opinion, disant que « l’on ne devrait pas prendre Trump au sérieux », mettant en lumière une méfiance croissante vis-à-vis des promesses de paix.
Alors que des frappes israéliennes ont causé des pertes humaines au Liban, le climat général reste tendu. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réaffirmé sa volonté d’un accord de paix durable, tout en déclarant que son pays avait « anéanti » les programmes nucléaires et balistiques iraniens. Cette situation reste donc très préoccupante, tant pour la région que pour la communauté internationale.