Le procès concernant les accusations de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 a pris une tournure inattendue mercredi. En effet, l’ancien président a contredit les déclarations de son ancien secrétaire général à l’Élysée, Claude Guéant. Ce dernier, empêché pour des raisons de santé, n’a pas pu assister aux débats, mais ses dépositions écrites ont été lues au tribunal, affaiblissant la défense de Sarkozy.
EN BREF
- Nicolas Sarkozy contredit Claude Guéant, son ancien bras droit, au tribunal.
- Les dépositions écrites de Guéant affaiblissent la défense de Sarkozy.
- Le verdict du procès est attendu en novembre 2026.
Ce procès, qui s’est ouvert il y a plusieurs jours, est crucial pour Sarkozy, âgé de 71 ans, qui joue non seulement son honneur d’ancien président, mais également sa liberté. En première instance, il a été condamné à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs. Il est accusé d’avoir laissé Claude Guéant et Brice Hortefeux discuter d’un financement libyen en échange de contreparties. Tous trois nient ces accusations de corruption.
Au cœur de ces accusations se trouve la Libye de Mouammar Kadhafi, qui aurait demandé la levée d’un mandat d’arrêt international visant Abdallah Senoussi, un haut responsable du régime libyen. Senoussi avait été condamné pour son rôle dans l’attentat du DC-10 d’UTA, qui a causé la mort de 170 personnes.
Dans ses dépositions, Claude Guéant a réfuté l’idée qu’une action ait été entreprise pour résoudre la situation judiciaire de Senoussi, tout en relatant un dîner à Tripoli en 2007, où Kadhafi aurait exprimé ses préoccupations concernant Senoussi. Cette représentation de la rencontre a été contestée par Sarkozy, qui a affirmé que la seule fois où Kadhafi avait abordé le sujet remontait à 2005, alors qu’il était ministre de l’Intérieur.
Sarkozy a également mis en avant le fait que les allégations de Guéant ne devraient pas être considérées comme incriminantes. « Je ne dis pas que M. Guéant ment », a-t-il déclaré, tout en ajoutant que la mémoire de son ancien collaborateur avait pu évoluer. Ce ton conciliant vis-à-vis de Guéant, qui a été un pilier de sa présidence, a marqué une certaine retenue de la part de Sarkozy.
Le président du tribunal a également interrogé Sarkozy sur un coffre de Guéant dans une banque, soulevant des questions sur la provenance des fonds. « Je n’y crois pas, je ne peux pas l’imaginer », a-t-il répondu, tout en insistant sur la présomption d’innocence de Guéant.
Au-delà des tensions apparentes, Sarkozy et Guéant semblent se rejoindre sur un point fondamental : ils affirment n’avoir jamais reçu d’argent libyen pour la campagne électorale et n’avoir jamais envisagé d’agir en faveur de Senoussi. Guéant a précédemment expliqué avoir maintenu les Libyens dans le doute pour ne pas compromettre des relations diplomatiques naissantes.
Nicolas Sarkozy, qui a déjà passé 20 jours derrière les barreaux, s’engage à démontrer son innocence. Les débats de ce procès devraient se terminer la semaine prochaine, suivis par les plaidoiries des parties civiles. Le verdict est attendu pour novembre 2026.
Ce procès illustre non seulement les défis juridiques auxquels fait face Sarkozy, mais également les répercussions potentielles sur son héritage politique. En attendant, les enjeux demeurent élevés alors que les deux hommes naviguent dans les tumultes d’un passé révolu, mais toujours présent dans l’actualité.