Le mardi 30 janvier 2026, Nicolas Sarkozy a affirmé son innocence lors de son interrogatoire à la cour d’appel de Paris concernant le présumé financement libyen de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007. Accompagné de son épouse, Carla Bruni-Sarkozy, il a répondu aux accusations qui pèsent sur lui avec une détermination apparente.
EN BREF
- Nicolas Sarkozy clame son innocence dans l’affaire du financement libyen de sa campagne.
- Il évoque la souffrance des familles des victimes de l’attentat du DC-10 d’UTA.
- Le procès se poursuit avec des témoignages et des interrogatoires de proches collaborateurs.
Dans un contexte de tensions émotionnelles, Nicolas Sarkozy a débuté son témoignage en répondant à « la souffrance » des familles touchées par l’attentat du DC-10 d’UTA, affirmant qu’il ne pouvait que répondre par « la vérité ». Il a souligné qu’une injustice ne pouvait réparer une souffrance aussi profonde, réaffirmant son innocence face aux accusations qui l’entourent.
Ce procès, qui s’inscrit dans une série d’audiences, doit se terminer fin mai. À cette occasion, Sarkozy a exprimé sa volonté de défendre sa réputation, déclarant : « Je suis innocent ». Il a insisté sur le fait qu’il n’avait jamais reçu d’argent libyen pour sa campagne et qu’il n’avait jamais agi en faveur d’Abdallah Senoussi, un dignitaire libyen condamné pour son rôle dans l’attentat. Son témoignage s’inscrit dans un récit plus large, où il essaie de dissocier son nom des événements tragiques évoqués.
Lors de son interrogatoire, le président de la cour a invité Sarkozy à réagir aux témoignages des proches des victimes, qui ont dénoncé « le déni » et « le mensonge » des prévenus. Cela a conduit Sarkozy à exprimer une empathie envers ces familles tout en maintenant sa position défensive. « C’est impossible d’avoir une réponse à la hauteur des souffrances qui ont été exprimées », a-t-il déclaré, soulignant la complexité de la situation.
La cour d’appel a également entendu Brice Hortefeux, un ancien ministre et collaborateur proche de Sarkozy, qui a témoigné durant trois jours. Hortefeux a soutenu que sa rencontre avec Senoussi, sur laquelle il n’avait pas été mis en garde, était un « piège » orchestré par un intermédiaire, Ziad Takieddine. Il a affirmé qu’il n’avait pas été question de financement de campagne lors de cette rencontre, une déclaration qui a suscité des interrogations quant à l’implication de Sarkozy dans les négociations entourant ce financement.
Le procès se déroule dans un climat médiatique intense, et les enjeux juridiques sont considérables. En première instance, Sarkozy avait été relaxé de trois des quatre infractions, mais avait été condamné pour association de malfaiteurs avec une peine de cinq ans de prison ferme, une décision qui avait conduit à son incarcération temporaire. Les magistrats avaient conclu que, bien que des fonds aient été envoyés par la Libye, il n’était pas prouvé qu’ils aient été utilisés pour financer la campagne de Sarkozy.
Alors que ce nouveau procès se poursuit, l’ex-président de la République tente de redéfinir son image et de rétablir sa réputation. La question de son intégrité et de son rôle dans le financement libyen reste au cœur des débats, et les prochaines audiences s’annoncent décisives pour l’avenir judiciaire de Nicolas Sarkozy.
En somme, ce procès illustre les défis auxquels fait face un ancien président en quête de réhabilitation dans un contexte judiciaire complexe, au milieu de témoignages chargés d’émotion et d’accusations graves.