Ce mercredi à Paris, Nicolas Sarkozy a été confronté aux accusations des avocats représentant les parties civiles lors de son procès en appel. Celui-ci porte sur des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. L’ancien président, qui avait été absent lors de la première journée des plaidoiries en raison d’une indisposition, était cette fois-ci présent au premier rang des prévenus.
EN BREF
- Nicolas Sarkozy est jugé pour des soupçons de financement de campagne par le régime libyen.
- Les avocats des victimes de l’attentat du DC-10 d’UTA l’accusent de corruption.
- Le parquet général entame ses réquisitions lundi prochain.
Durant l’audience, il a dû écouter les critiques acerbes de l’avocat Me Olivier Descamps, qui représente la veuve et le fils de Georges Raveneau, le pilote décédé lors de l’attentat sur le DC-10 d’UTA en 1989. Ce dernier a rappelé les condamnations antérieures de Nicolas Sarkozy, soulignant qu’il avait déjà été reconnu coupable à deux reprises dans cette affaire.
Les accusations portent sur un prétendu pacte de corruption entre Sarkozy et le régime de Mouammar Kadhafi, qui aurait permis de financer sa campagne électorale. Ce financement aurait été effectué via des fonds occultes, en utilisant des intermédiaires comme Ziad Takieddine. En échange, il aurait été question de la situation pénale d’Abdallah Senoussi, le commanditaire de l’attentat, dont la condamnation à perpétuité avait été prononcée par la justice française.
Les avocats des parties civiles n’ont pas été convaincus par les dénégations de l’ancien président. Me Descamps a qualifié la défense de « défense de voyous », tout en notant une certaine sophistication dans la présentation des arguments par les avocats de Sarkozy, notamment Brice Hortefeux et Claude Guéant. Les tensions au sein de l’équipe de défense se sont intensifiées, Guéant ayant témoigné d’une rencontre à Tripoli en 2007 où il aurait été demandé à Sarkozy de s’occuper de la situation de Senoussi.
Cette révélation a créé des fissures dans le front uni des prévenus. Selon Claude Guéant, bien qu’aucune démarche concrète n’ait été entreprise pour obtenir la grâce de Senoussi, le lien entre Sarkozy et le régime libyen reste problématique. Claire Josserand-Schmidt, représentante de l’association Anticor, a souligné que la question cruciale réside dans la coordination entre Sarkozy et ses collaborateurs en 2005 pour établir ce pacte de corruption.
Les proches des victimes, quant à eux, jugent inacceptable que des représentants politiques aient pu négocier avec l’auteur de l’attentat. Dan Hazan, avocat de plus de 90 victimes, a exprimé son indignation face à la possibilité que le terroriste ait été traité par des responsables politiques. Les sentiments des familles des victimes sont exacerbés par les comportements de Nicolas Sarkozy, qu’ils jugent indécents, notamment ses commentaires après les précédentes condamnations et la publication de son livre sur son séjour en prison.
Le procès se poursuit, avec le parquet général qui doit présenter ses réquisitions dans les jours à venir. Les enjeux sont élevés, tant pour Nicolas Sarkozy que pour les parties civiles, qui espèrent obtenir justice et reconnaissance des souffrances endurées.