Ce jeudi 9 avril, Nicolas Sarkozy a poursuivi son interrogatoire dans le cadre de l’appel du procès lié au financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. L’ancien président de la République a surpris l’assistance en revenant sur ses propos virulents tenus après sa condamnation en première instance à cinq ans de prison avec exécution provisoire.
EN BREF
- Nicolas Sarkozy est en appel pour l’affaire du financement libyen de sa campagne de 2007.
- Il a exprimé des regrets sur ses propos tenus après sa condamnation.
- Il a souligné le respect qu’il porte aux victimes et les difficultés de sa situation.
Depuis trois semaines, l’ancien président se trouve devant le tribunal, répondant aux questions des juges et des avocats. Au début de la semaine, il avait pu compter sur le soutien de son épouse, Carla Bruni, présente à ses côtés. Lors de son premier interrogatoire, il avait exprimé son désir de répondre à la « souffrance » des parties civiles, affirmant sa volonté de rétablir la « vérité » de son innocence.
Lors de la séance du 9 avril, Nicolas Sarkozy a été interrogé par Maître Vincent Ollivier, un des avocats des parties civiles. Il a évoqué ses déclarations, qualifiées de virulentes, faites après sa condamnation. Pour rappel, le 25 septembre dernier, à la fin de l’audience, il avait déclaré que « la haine n’a décidément aucune limite ». Près de sept mois plus tard, il a justifié ces mots par son « état de choc » face à la décision de justice.
« Chacun peut comprendre l’état de choc dans lequel se trouve celui qui apprend qu’il est condamné à cinq années de prison, et que, de surcroît, il y aura une application immédiate », a-t-il expliqué. Il a également précisé que le mot « haine » visait plusieurs cibles, notamment les kadhafistes et le média Mediapart, qui le poursuit depuis des années, ainsi qu’une partie du réquisitoire du parquet national financier.
Cependant, Nicolas Sarkozy a tenu à préciser qu’il n’avait jamais eu l’intention de blesser les victimes. « Je crois que les mots étaient au fond de mon cœur, la souffrance mérite d’être respectée. Je ne suis pas un jukebox qui sert des discours », a-t-il déclaré, affirmant son respect pour ceux qui ont souffert dans cette affaire.
Malgré cette défense, l’ancien chef de l’État a reconnu avoir traversé un « long calvaire judiciaire » qui a mis à l’épreuve son respect pour l’institution judiciaire. Il a insisté sur le fait qu’il avait toujours répondu aux convocations et qu’il avait essayé de se défendre du mieux possible durant ce processus.
Pour conclure, Nicolas Sarkozy a évoqué l’humiliation que représente pour lui le fait de franchir les portes de la prison, un moment qui, selon lui, est également humiliant pour la France. Ce procès, qui semble être un tournant dans son parcours judiciaire, pourrait marquer la fin de ce chapitre tumultueux de sa vie publique.