Ce jeudi 9 avril, Nicolas Sarkozy a poursuivi son interrogatoire dans le cadre du procĂšs en appel concernant le financement libyen de sa campagne prĂ©sidentielle de 2007. AprĂšs avoir Ă©tĂ© condamnĂ© en premiĂšre instance Ă cinq ans de prison avec exĂ©cution provisoire, l’ancien prĂ©sident de la RĂ©publique, ĂągĂ© de 71 ans, a choisi de s’exprimer avec une sincĂ©ritĂ© inattendue.
EN BREF
- Nicolas Sarkozy témoigne de son choc face à sa condamnation.
- Il présente des excuses implicites aux victimes tout en défendant son point de vue.
- Carla Bruni, son Ă©pouse, lâa soutenu lors de ce procĂšs en appel.
Depuis trois semaines, Nicolas Sarkozy est de retour devant le tribunal. Lors de son premier interrogatoire, il a exprimĂ© sa volontĂ© de rĂ©pondre Ă la « souffrance » des parties civiles, affirmant sa « vĂ©ritĂ© » et son innocence. Ce jeudi, au cours de l’audience, il a Ă©tĂ© interrogĂ© par MaĂźtre Vincent Ollivier, reprĂ©sentant des parties civiles. L’ancien chef d’Ătat a rĂ©agi Ă ses dĂ©clarations prononcĂ©es en septembre dernier, aprĂšs lâannonce de sa condamnation.
Lors de cette premiĂšre audience, Sarkozy avait dĂ©clarĂ© que « la haine nâa dĂ©cidĂ©ment aucune limite », une phrase qui avait suscitĂ© de nombreuses rĂ©actions. Ă cette occasion, il a prĂ©cisĂ© que ces mots avaient Ă©tĂ© prononcĂ©s alors qu’il Ă©tait en « Ă©tat de choc ». Il a expliquĂ© : « Chacun peut comprendre lâĂ©tat de choc dans lequel se trouve celui qui apprend quâil est condamnĂ© Ă cinq annĂ©es de prison, et que, de surcroĂźt, il y aura une application immĂ©diate. »
En poursuivant son tĂ©moignage, il a affirmĂ© que le terme « haine » visait certaines personnes, notamment les kadhafistes, ainsi que le mĂ©dia Mediapart, qui, selon lui, le poursuit par une « haine » constante depuis des annĂ©es. Il a Ă©galement mentionnĂ© le rĂ©quisitoire du parquet national financier, quâil jugeait peu juridique et trop politique.
Nicolas Sarkozy a pris soin de prĂ©ciser qu’il n’avait jamais eu l’intention de blesser les victimes. « Je crois que les mots Ă©taient au fond de mon cĆur, la souffrance mĂ©rite dâĂȘtre respectĂ©e. Je ne suis pas un jukebox qui sert des discours (âŠ) Je ne leur ai jamais manquĂ© de respect, je les respecte profondĂ©ment pour ce quâils ont vĂ©cu. Et pour leur combat », a-t-il dĂ©clarĂ© avec Ă©motion.
MalgrĂ© ce moment de vulnĂ©rabilitĂ©, il a affirmĂ© avoir dĂ©montrĂ©, tout au long de ce processus judiciaire, son respect pour l’institution judiciaire. « Je dĂ©fĂ©rais Ă toutes les convocations, jâessayais de rĂ©pondre le mieux possible », a-t-il dĂ©clarĂ©, soulignant son engagement Ă respecter les procĂ©dures.
En conclusion, Sarkozy a exprimĂ© son humiliation face Ă la situation d’un ancien prĂ©sident de la RĂ©publique devant la justice. « Quand un ancien prĂ©sident de la RĂ©publique franchit les portes de la (prison de la) SantĂ©, câest humiliant aussi pour son pays », a-t-il conclu, avant de tourner la page sur ce dĂ©rapage retentissant.