Nicolas Zepeda face à des incohérences lors de son procès pour l’assassinat de Narumi Kurosaki

Le procès de Nicolas Zepeda, accusé de l’assassinat de son ex-petite amie japonaise Narumi Kurosaki, se poursuit à Lyon. Ce jeudi, lors de la troisième journée d’audience, l’accusé a été confronté à une série de questions incisives mettant en lumière les incohérences de son témoignage. Les faits remontent à décembre 2016, lorsque Narumi Kurosaki, alors âgée de 21 ans, a été retrouvée disparue dans sa chambre universitaire.

EN BREF

  • Nicolas Zepeda rejugé à Lyon pour l’assassinat de Narumi Kurosaki, disparue en 2016.
  • Les incohérences de son récit mises en lumière par le président de la cour.
  • Le procès se déroule sans le corps de la victime, l’accusé clame son innocence.

Le président de la cour d’assises du Rhône, Éric Chalbos, a choisi d’interroger directement Zepeda, alors que cette étape était initialement prévue pour la semaine suivante. Les questions portaient sur les déclarations contradictoires de l’accusé, formulées lors de ses auditions au Chili, peu après la disparition de Narumi. Cette confrontation a révélé des incohérences troublantes.

Les enquêteurs estiment que Narumi Kurosaki a été tuée dans sa chambre universitaire le 4 décembre 2016. Zepeda, qui se trouvait en France à ce moment-là, a d’abord prétendu avoir des raisons académiques pour son voyage. Lorsqu’interrogé sur cette justification, il a répondu : « J’étais venu pour essayer d’avoir des réponses de Narumi après sa rupture ». Mais son récit a rapidement été mis à mal par les questions précises de la cour.

Parmi les interrogations qui ont suscité des échanges particulièrement tendus, le président a relevé un détail inquiétant : pourquoi Zepeda avait-il quitté l’autoroute pour s’arrêter plusieurs heures dans un sous-bois, puis y revenir après avoir quitté la chambre de Narumi ? L’accusé, visiblement confus, a tenté de justifier son comportement en invoquant la fatigue.

Les éléments matériels présentés par la cour, tels que l’achat suspect d’un spray à javel et d’un bidon de combustible, ont également été scrutés. Zepeda a affirmé que ces achats étaient destinés à des raisons triviales, mais ses explications n’ont pas semblé convaincre. « C’était pour nettoyer une tâche dans la voiture », a-t-il dit, avant d’ajouter que le bidon était un « précaution » en cas de panne.

Les témoignages des étudiants présents dans le bâtiment universitaire la nuit de la disparition de Narumi ont également été évoqués. Plusieurs ont rapporté avoir entendu des cris et des bruits inquiétants, mais Zepeda a nié avoir entendu quoi que ce soit, maintenant l’idée qu’il avait passé un moment agréable avec Narumi, avant qu’une dispute ne surgisse.

En détention provisoire depuis son extradition en 2020, Zepeda a déjà été condamné à 28 ans de prison en 2022, puis à la même peine en appel en 2023. Toutefois, la cour de cassation a annulé ce verdict pour un vice de procédure, entraînant ce nouveau procès.

Les questions posées par l’avocate de la famille de la victime, Me Sylvie Galley, ont également mis Zepeda dans une position délicate. Elle a souligné les contradictions entre ses déclarations initiales et ses réponses actuelles, notamment en ce qui concerne son comportement lors des jours précédant la disparition de Narumi.

Alors que Zepeda a exprimé des sentiments de tristesse et de regret, le tribunal semble déterminé à démêler les fils d’une affaire chargée d’émotion et de mystère. La cour continuera d’examiner les preuves et les témoignages dans les jours à venir, cherchant à établir la vérité sur cette affaire tragique.

Le verdict de ce procès sera crucial, non seulement pour la famille de Narumi Kurosaki, mais aussi pour la justice, qui tente de faire la lumière sur une affaire complexe et douloureuse.