Nouveaux plafonds de financement du CPF : hausse des coûts pour les formations et permis

À partir de ce jeudi 26 février, des changements significatifs touchent le compte personnel de formation (CPF), impactant directement les finances des salariés souhaitant se former. Un décret publié le 25 février au Journal officiel modifie les conditions d’éligibilité et fixe de nouveaux plafonds pour le financement des formations.

EN BREF

  • Le CPF voit ses plafonds de financement modifiés, impactant les salariés.
  • Les coûts pour le permis de conduire et les formations augmenteront.
  • Le ministère du Travail vise 250 millions d’euros d’économies avec ces mesures.

Le décret, inscrit dans la loi de finances pour 2026, a pour but de réduire les effets de l’inflation sur certaines offres de formation. Jusqu’à présent, les salariés pouvaient bénéficier d’un crédit annuel de 500 euros, ou jusqu’à 800 euros pour certains profils, avec un plafond global de 5.000 à 8.000 euros. Ce système, jugé trop généreux face aux augmentations de prix, va être resserré.

Désormais, la prise en charge des formations sera plafonnée à 1.500 euros, tandis que celle des bilans de compétences est fixée à 1.600 euros. Cela signifie concrètement que même si un salarié dispose d’un montant supérieur sur son CPF, il ne pourra pas utiliser plus que ces nouveaux plafonds, ce qui contraindra certains à mettre la main à la poche pour compléter leurs financements.

Par exemple, un salarié ayant 4.500 euros sur son CPF souhaitant suivre une formation coûtant 2.000 euros devra débourser 500 euros de sa propre poche, tout en conservant 3.000 euros sur son compte. Cette nouvelle règle s’applique également au permis de conduire, qui a connu une hausse de sa demande de financement via le CPF ces dernières années.

Le permis de conduire représentait 17% des formations financées par le CPF en 2022 et devrait atteindre près de 30% en 2024. Cependant, avec les nouvelles conditions d’éligibilité, il sera plus difficile d’accéder à ce financement. Pour bénéficier d’une aide, il faudra être soit un demandeur d’emploi inscrit à France Travail, soit un salarié soutenu par un financement tiers, comme un employeur ou une région.

Ceux qui rempliront ces critères pourront obtenir jusqu’à 900 euros pour le permis de conduire. Par exemple, un salarié avec 4.500 euros sur son CPF souhaitant financer un permis coûtant 1.500 euros devra encore ajouter 600 euros de sa poche. Les critiques fusent de la part de Mobilians, l’organisation représentant 80% des auto-écoles en France, qui s’inquiète de cette décision, jugée économiquement nuisible.

Une augmentation de la participation obligatoire de 103 euros à environ 150 euros pour les formations financées par le CPF pourrait également être à l’ordre du jour, selon des sources proches de l’administration. Cette double peine, avec la réduction des plafonds et l’augmentation de la participation, pourrait dissuader de nombreux salariés de se former.

Le ministère du Travail justifie ces mesures par un objectif de réduction des dépenses publiques, visant à économiser 250 millions d’euros, dont 150 millions pour l’année 2026. Ces nouvelles règles, en plus d’alourdir le coût des formations, posent la question de l’accessibilité à la formation professionnelle pour un grand nombre de travailleurs.