Le 2 février 2024, les marques de lait infantile Popote et Vitagermine ont annoncé des rappels de lots de leurs produits. Cette décision fait suite à une directive du ministère de l’Agriculture qui impose un abaissement des seuils de sécurité concernant la présence de la toxine céréulide, une substance potentiellement dangereuse pour les nourrissons.
EN BREF
- Popote et Vitagermine rappellent des lots de lait infantile.
- Le seuil de sécurité pour la toxine céréulide a été abaissé par les autorités.
- Des enquêtes sont en cours suite à des signalements d’effets négatifs.
Ce rappel intervient dans un contexte où la sécurité alimentaire est au cœur des préoccupations. Le ministère de l’Agriculture a annoncé vendredi dernier que les fabricants de laits infantiles devaient se conformer à de nouveaux seuils, plus stricts, concernant la céréulide. Cette toxine est responsable de rappels dans plus de 60 pays et peut présenter des risques pour la santé des nourrissons.
Dans un communiqué, la marque Popote a précisé qu’elle appliquait immédiatement le nouveau cadre européen. Elle a ainsi décidé de rappeler deux lots de lait infantile 1er âge. L’entreprise a souligné que cette mesure était une précaution face à la décision des autorités françaises d’adopter un seuil de sécurité renforcé, recommandé par l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA).
L’EFSA a établi que toute concentration de céréulide supérieure à 0,054 microgramme par litre dans les laits pour nourrissons, ou à 0,1 microgramme par litre pour les laits de 2e âge, pourrait dépasser les niveaux de sécurité. Les autorités françaises ont donc réagi rapidement pour protéger la santé des consommateurs les plus vulnérables.
De son côté, Vitagermine a également annoncé le rappel de trois lots de lait infantile 1er âge Babybio. L’entreprise a mené des investigations durant le week-end afin de s’assurer que l’ensemble de ses produits respectaient ces nouveaux seuils. Ces investigations ont permis d’identifier ces trois lots conformes aux normes en vigueur jusqu’à la semaine précédente, mais désormais considérés comme non conformes.
Les deux marques ont précisé que leurs autres produits ne sont pas concernés par ce rappel. Cependant, cette situation soulève des inquiétudes au sein de la population, notamment après la mort de nourrissons ayant consommé des laits de la marque Nestlé rappelés récemment. À ce jour, deux enquêtes pénales ont été ouvertes, mais aucune relation directe n’a été établie entre les symptômes observés et les laits consommés.
Le ministre de la Santé a rapporté ce lundi qu’une quarantaine de signalements avaient été reçus concernant des effets indésirables potentiels liés à la consommation de laits rappelés. En outre, cinq hospitalisations d’enfants ont été confirmées comme étant liées à ces laits, tandis que six autres cas présentent un doute quant à leur lien avec les produits rappelés.
Les industriels du secteur pointent également du doigt un fournisseur d’ingrédients chinois, Cabio Biotech. Cette entreprise produirait une huile riche en oméga-6 qui aurait été contaminée par des bactéries Bacillus cereus, responsables de la production de la céréulide. Cette contamination pourrait donc être à l’origine des problèmes de sécurité alimentaire rencontrés.
Face à cette situation préoccupante, les marques de lait infantile et les autorités sanitaires travaillent de concert pour garantir la sécurité des consommateurs. Il est essentiel que les parents soient informés des rappels et prennent les précautions nécessaires pour protéger leurs enfants.
