La parole se libère et les accusations à l’encontre de Patrick Bruel se multiplient. Ce lundi 13 avril, le chanteur de 66 ans est de nouveau au cœur de l’actualité suite à la diffusion de quatre nouveaux récits d’agressions sexuelles, dont deux font l’objet de plaintes devant la justice, l’une d’elles étant pour viol.
EN BREF
- Patrick Bruel confronté à plusieurs nouvelles accusations d’agressions sexuelles.
- Une plainte pour viol transmise au parquet de Saint-Malo pour réexamen.
- D’autres témoignages de femmes évoquent des agressions similaires sur plusieurs années.
Le magazine Elle a été à l’origine de la révélation de ces nouvelles accusations, qui viennent s’ajouter aux trois précédentes plaintes et aux nombreux témoignages publiés récemment par Mediapart et RTL. Parmi les plaignantes, Ophélie Fajfer, qui avait déjà déposé une plainte contre Patrick Bruel en 2021 pour viol et agression sexuelle, a vu sa plainte classée sans suite en 2022, mais celle-ci va être réexaminée par le parquet de Saint-Malo.
Dans son témoignage, Ophélie Fajfer raconte avoir rencontré l’interprète de Place des grands hommes en 2015, lors du tournage d’un clip des Enfoirés à Montpellier. À l’époque, elle avait 19 ans et a commencé à échanger avec lui en ligne. Leur relation a conduit à plusieurs rencontres, dont une au domicile du chanteur, où, selon elle, il aurait tenté de l’embrasser malgré son refus. Elle décrit une agression qui se serait poursuivie dans sa piscine et sur un matelas, où il aurait exercé des actes sexuels sur elle.
« Cela restera entre nous, jamais personne ne le saura », lui aurait-il glissé avant de la laisser partir. Ce récit, qu’elle avait déjà partagé lors de son premier dépôt de plainte, a suscité une confrontation avec Bruel en août 2022, mais la plainte a été classée, faute de preuves suffisantes. Aujourd’hui, elle déclare : « Il m’a volé ma première fois, mon insouciance. » Elle est désormais accompagnée d’une avocate pour redéposer une plainte si le parquet ne rouvre pas l’enquête.
Du côté de la défense, les avocats de Patrick Bruel rappellent que la justice a décidé d’un classement sans suite, ce qui, selon eux, confirme l’innocence du chanteur. Ce dernier continue de nier les accusations qui pèsent sur lui.
En parallèle, le magazine Elle évoque un autre témoignage, celui d’une femme ayant déposé une plainte auprès du parquet de Paris pour des faits remontant à l’année 2000. Cette plaignante, qui souhaite rester anonyme, affirme que Bruel l’aurait invitée dans sa chambre d’hôtel sous prétexte d’une blessure au genou. Elle raconte comment, après avoir voulu l’aider, elle s’est retrouvée au sol, victime d’une agression.
Deux autres femmes, employées d’un label ayant collaboré avec Bruel au début des années 2000, rapportent également des agressions sexuelles dans des contextes similaires. Elles affirment que leur environnement professionnel était conscient du comportement du chanteur.
Avant ces nouvelles révélations, Mediapart avait publié un article en mars rapportant les témoignages de huit femmes, dont deux avaient déjà porté plainte. L’une des plaignantes avait accusé Bruel de viol, l’autre de tentative de viol. Motivée par ces récits, une attachée de presse belge a également décidé de porter plainte pour agression sexuelle, des faits remontant à 2010, bien que ces derniers soient potentiellement prescrits.
Ces nouvelles accusations viennent s’ajouter à un climat de plus en plus lourd pour le chanteur, alors que la libération de la parole se poursuit dans le milieu artistique et au-delà. Les conséquences pour Patrick Bruel, tant sur le plan personnel que professionnel, sont encore à évaluer.