Nouvelles accusations de violences sexuelles contre l’ancien député Joaquim Pueyo

L’ancien maire d’Alençon et ex-député socialiste Joaquim Pueyo fait face à de nouvelles accusations d’agression sexuelle sur mineur. Ces allégations font suite à des faits qui se seraient produits en 1981 et 1994, alors qu’il exerçait en tant que directeur de prison pour l’administration pénitentiaire. Les victimes présumées étaient âgées de 14 et 15 ans à l’époque.

EN BREF

  • Joaquim Pueyo accusé de violences sexuelles sur des mineurs.
  • Des faits se seraient produits en 1981 et 1994.
  • Deux hommes témoignent auprès de Radio France.

Ces accusations surviennent cinq mois après qu’un journaliste, Frédéric Pommier, a porté plainte pour viol sur mineur, affirmant que les faits s’étaient déroulés alors qu’il avait 7 ans. Cette plainte a été classée sans suite, invoquant la prescription.

Ce dimanche 6 septembre, Radio France a révélé des témoignages de deux autres hommes, désireux de porter plainte pour agression sexuelle sur mineur. Le premier, Patrick B., raconte avoir été pris en stop par Joaquim Pueyo à l’âge de 14 ans, au printemps 1981. Orphelin, Patrick voulait s’éloigner de son foyer pour rejoindre une ville voisine. Pueyo l’a conduit en ville, où ils ont partagé un déjeuner et une sortie au cinéma. À la fin de la journée, il lui a proposé de passer la nuit chez lui, prétextant qu’il était trop tard pour rentrer.

C’est dans cette maison que Patrick B. affirme avoir été agressé. Il raconte avoir été contraint à des caresses et à une masturbation. « Il m’a imposé des caresses. Je l’ai repoussé plusieurs fois mais il est revenu vers moi durant mon sommeil. Il me répétait : “Chut ! Chut ! Chut !”. J’entends encore ce “Chut !” aujourd’hui », se souvient l’homme aujourd’hui âgé de 59 ans.

Le second témoignage provient de Tony C., âgé de 47 ans, qui affirme avoir été réveillé par Pueyo dans son sommeil, alors qu’il était adolescent. « Je n’ai pas compris. Quand on est jeune, forcément, on ne comprend pas. Je me suis retourné sur le ventre, dans un mouvement d’autodéfense, pour que ça s’arrête. C’était Joaquim Pueyo qui était derrière moi », raconte-t-il. Ces faits se seraient déroulés dans l’appartement de Pueyo, alors directeur de la maison d’arrêt de Nanterre, où Tony et sa mère, amie de Pueyo, étaient invités pour visiter Paris.

L’avocat de Joaquim Pueyo, interrogé par Radio France, a tenu à préciser qu’il n’accorde « aucune valeur » à ces témoignages. Il s’est également déclaré à la disposition de la justice si celle-ci souhaite l’entendre sur ces nouvelles accusations.

Ces révélations soulèvent une fois de plus la question de la protection des mineurs et des responsabilités des figures publiques. Les témoignages de Patrick B. et Tony C. viennent s’ajouter à une série de cas qui interpellent sur la nécessité de la parole des victimes dans des affaires aussi graves.