Océane Mahé évoque son aménorrhée après trois ans sans règles au Tour de France Femmes

La coureuse professionnelle Océane Mahé, membre de l’équipe Ma Petite Entreprise, a récemment partagé une confidence troublante. Avant le début du Tour de France Femmes 2026, elle a révélé qu’elle ne menstruait plus depuis trois ans, un phénomène qu’elle attribue à sa pratique sportive intense.

EN BREF

  • Océane Mahé, coureuse, n’a plus ses règles depuis trois ans.
  • L’aménorrhée est liée à un dysfonctionnement hormonal dû à l’intensité de l’entraînement.
  • Les médecins de son équipe travaillent à rétablir son équilibre hormonal.

À 24 ans, Océane Mahé a fait sensation en portant le maillot à pois dès la première étape de la compétition. Toutefois, son parcours est assombri par une aménorrhée qui suscite des interrogations sur la santé des athlètes féminines. Cette condition, qui résulte d’un arrêt des règles, est souvent le signe d’un déséquilibre hormonal, un sujet encore tabou dans le milieu sportif.

Les causes de l’aménorrhée chez les sportives

Selon le Manuel MSD, l’aménorrhée est fréquemment causée par un dysfonctionnement hormonal impliquant l’hypothalamus, l’hypophyse et les ovaires. Ce dérèglement peut être provoqué par divers facteurs, notamment un apport calorique insuffisant, un surentraînement, ou encore des troubles alimentaires. Océane Mahé a mentionné qu’elle a subi une perte de poids significative, ce qui a conduit son corps à entrer en mode « veille ».

« On sait qu’en tant que sportives de haut niveau, on pousse nos corps à l’extrême, et mon système hormonal a décidé de se mettre en veille depuis un peu plus de trois ans », a-t-elle confié. Cette révélation indique qu’il est crucial d’aborder la question de la santé reproductive des athlètes, surtout dans des disciplines où le poids joue un rôle déterminant.

L’impact de l’aménorrhée sur la santé des athlètes

Les conséquences de l’aménorrhée peuvent être graves, allant de l’ostéoporose à des problèmes de fertilité. Isabelle Derrendinger, présidente du Comité national de l’ordre des sages-femmes, souligne que la leptine, une hormone essentielle pour le cycle ovulatoire, est influencée par la masse graisseuse. Un déficit en leptine peut ainsi entraîner des complications sur la santé globale des sportives.

Les coureuses, souvent soumises à une pression pour performer, peuvent être particulièrement vulnérables à ces déséquilibres. Fanny Kervadec, diététicienne du sport, confirme que « le sport peut être une des raisons qui mènent à l’aménorrhée, car le système hormonal est en souffrance ». Ce phénomène n’est pas isolé, et des études montrent qu’un nombre significatif d’athlètes féminines pourraient être affectées par le syndrome de déficit énergétique relatif (REDs), qui inclut l’aménorrhée comme l’un de ses symptômes.

Le médecin de l’équipe Ma Petite Entreprise, Valentin Guillemin, explique que ce syndrome peut toucher entre 23 % et 79 % des sportives, un chiffre alarmant qui met en lumière l’urgence d’une meilleure prise en charge de ces problématiques. « L’idée est de rétablir un climat de confiance, pour que les athlètes puissent parler ouvertement de ces sujets », ajoute-t-il.

Un changement de mentalité dans le sport

Heureusement, la question des règles et de la santé menstruelle est de moins en moins taboue dans le sport. Des discussions plus ouvertes permettent de diminuer les risques de troubles liés aux conduites alimentaires et aux déséquilibres hormonaux. Océane Mahé, après avoir pris conscience de l’impact de son entraînement sur sa santé, a réussi à stabiliser son poids, bien que son système hormonal ne se soit pas encore rétabli.

Il est impératif que les athlètes, les entraîneurs et les médecins collaborent pour garantir la santé des sportives tout en visant l’excellence sportive. La prise de conscience croissante autour de ces enjeux pourrait mener à des changements positifs dans les pratiques et la gestion du bien-être des sportives dans le futur.

Certaines légendes du cyclisme ont déjà exprimé des opinions sur la manière dont la pression pour être léger peut affecter les athlètes. À l’instar des mots d’un coach, « cela ne sert à rien d’avoir un vélo léger si l’on n’a pas la force nécessaire pour avancer ». Cette métaphore illustre bien le dilemme auquel font face de nombreuses athlètes, comme Océane Mahé.