Ce vendredi 29 mai, la joueuse ukrainienne Oleksandra Oliynykova a exprimé sa colère face à l’indifférence du monde du tennis concernant la guerre en Ukraine. À la veille de son match contre la Russe Diana Shnaider au 3e tour de Roland Garros, la 65e joueuse mondiale a pris la parole lors d’une conférence de presse pour critiquer la participation de Shnaider à un événement sponsorisé par Gazprom, une entreprise accusée de financer des crimes de guerre.
EN BREF
- Oleksandra Oliynykova critique la participation de Diana Shnaider à un tournoi sponsorisé par Gazprom.
- Elle compare cette situation à jouer en Allemagne nazie pour la Gestapo.
- La joueuse ukrainienne appelle à ne pas ignorer les conséquences de la guerre en Ukraine.
Dans ses déclarations, Oliynykova a déclaré : « Gazprom est une entreprise qui finance des crimes de guerre. Participer à ce type d’événement, c’est comme jouer en Allemagne nazie pour la Gestapo, dans un tournoi organisé par ceux qui ont construit Auschwitz. Pour moi, il n’y a aucune différence. » Ces paroles, puissantes et poignantes, illustrent son indignation face à l’impact direct que la guerre a sur son pays et son peuple.
Pour la joueuse de 25 ans, la guerre en Ukraine n’est pas une simple toile de fond, mais une réalité quotidienne. Elle a rappelé que les drones, financés par Gazprom, attaquent sa ville de Kiev. « Mon pays est attaqué par l’argent de Gazprom, ils financent les drones qui attaquent ma ville. Qu’est-ce qui est vraiment important, de savoir qui aura le coup droit le plus fort demain ou le fait que l’on ignore ce type de chose ici ? »
Ce n’est pas la première fois qu’Oliynykova aborde ces sujets sensibles. Lors de son premier tour à Roland Garros, elle avait déjà évoqué l’invasion de l’Ukraine par la Russie, expliquant que cela ne l’affectait pas sur le court, mais qu’il était crucial de reconnaître la gravité de la situation. « En Ukraine, les gens meurent, nos courts de tennis sont détruits, nos complexes sportifs sont détruits. On doit arrêter de faire comme si rien n’était en train de se passer », avait-elle déclaré.
La joueuse ne se contente pas de parler de son expérience personnelle. Elle interpelle également directement ses adversaires, comme elle l’a fait avec Shnaider. « On devrait lui demander ce qu’elle pense du fait que Gazprom finance des camps pour les enfants. Ils kidnappent des enfants et les mettent dans des camps. Demandez-lui quel est son avis là-dessus et ce qu’elle ressent par rapport au fait de prendre de l’argent d’une entreprise telle que celle-là », a-t-elle insisté.
Cette déclaration souligne la tension qui pourrait régner sur le court numéro 7 de la Porte d’Auteuil lors de leur affrontement prévu. La charge émotionnelle et politique de ce match dépasse largement le cadre sportif, illustrant les répercussions tragiques d’un conflit qui touche des millions de vies.
La voix d’Oliynykova résonne comme un cri du cœur, appelant à une prise de conscience collective face à l’indifférence. Alors que le monde du tennis continue de tourner, elle rappelle que derrière chaque match se cache une réalité bien plus sombre. Ce samedi, les yeux seront rivés sur le court, mais il est essentiel de ne pas oublier le contexte qui entoure cette compétition.