Olivier Agredano accuse sa famille de complicité dans des abus sexuels

Quatre ans après le classement sans suite de sa plainte, Olivier Agredano prend à nouveau la parole. Le neveu de Gérard Louvin, connu pour son implication dans le milieu de la télévision, revient sur les abus sexuels qu’il affirme avoir subis durant son enfance, perpétrés par Daniel Moyne, le mari de son oncle. Mais cette fois-ci, il va encore plus loin en accusant l’ensemble de sa famille d’avoir non seulement été au courant, mais aussi d’avoir couvert et profité financièrement de la situation, un témoignage glaçant recueilli par OFF Investigation.

EN BREF

  • Olivier Agredano accuse sa famille d’avoir couvert des abus sexuels.
  • Sa plainte contre Daniel Moyne a été classée sans suite en 2022.
  • Il dénonce un système familial construit autour du silence et de l’impunité.

L’affaire remonte à 2021, dans le sillage du livre La Familia Grande de Camille Kouchner, qui a incité plusieurs victimes d’inceste à témoigner publiquement. À l’époque, Olivier Agredano, alors âgé de 48 ans, avait déposé plainte pour « complicité de viols sur mineur de moins de quinze ans par ascendant », « viols sur mineur » et « corruption de mineur ». Sa cible était Daniel Moyne, mais la plainte a été classée sans suite, laissant Agredano désespéré. Il a déclaré que plus de trois décennies de sa vie avaient été « bousillées, abîmées, pourries » par les actes de ces deux hommes. Malgré ce verdict, les témoignages d’abus continuent de se multiplier, et Agredano refuse de se taire.

Dans son interview accordée à OFF Investigation le 17 mai 2026, il décrit les mécanismes des agressions. Tout commence par des gestes anodins : Daniel Moyne vient le border, lui fait des caresses, des « guilis ». Puis, progressivement, l’emprise s’installe. « Il prend ma main, qu’il approche de son sexe. Mon job, c’était de faire éjaculer Daniel. Je ne suis pas un humain, je suis un objet », confie-t-il. Si Agredano ne désigne que Moyne comme auteur direct des abus, il affirme que Gérard Louvin a « favorisé » ces comportements. Chaque soir, le même rituel se répétait : l’enfant était envoyé dire bonne nuit à son oncle pendant que Moyne quittait la chambre. « Il est impossible qu’il ne savait pas », insiste la victime. « Ils m’ont colonisé comme on colonise un pays. » Cette phrase résonne comme un verdict face à la gravité de la situation.

Grandir dans le silence a un coût, et Olivier Agredano met en lumière ce coût à travers son témoignage. Il révèle que ses propres parents « touchaient de l’argent en espèces » de Gérard Louvin. « Ma famille était un réseau pédophile. Tout le monde savait ce qui se passait », déclare-t-il. Cette affirmation trouve un écho dans le passé : en 2021, la sœur de Gérard Louvin, la mère d’Olivier, avait reconnu que son fils lui avait parlé des abus dans les années 2000. Sa réponse à l’époque ? Le déni. « Je ne voulais pas y croire. Je n’associais pas l’idée de mon frère et celle d’un pédophile », avait-elle avoué, avant de reprendre son travail auprès de Louvin « comme si de rien n’était ».

Cette histoire tragique ne se limite pas aux actions d’un agresseur présumé. Elle illustre un système familial entier construit autour du silence, du déni et de la complicité. Le père qui encaissait l’argent, l’oncle qui envoyait l’enfant dans la chambre, et une justice qui choisit de ne pas agir. Combien d’autres Olivier attendent encore d’être entendus ? Ce témoignage soulève des questions cruciales sur le traitement des abus au sein des familles et sur le rôle de la société dans la protection des victimes.