Opération Octopus : 42 arrestations dans le cadre de la lutte contre la DZ Mafia

Une vaste opération, minutieusement préparée depuis plusieurs mois, a été orchestrée par la justice française contre la DZ Mafia, une organisation criminelle impliquée dans le narcotrafic et dont les activités s’étendent bien au-delà de Marseille. Ce coup de filet, qui a eu lieu dans plusieurs départements, notamment les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse et le Gard, a conduit à l’interpellation de 42 personnes, parmi lesquelles figurent les principaux chefs présumés de l’organisation.

EN BREF

  • 42 personnes interpellées, dont des chefs présumés de la DZ Mafia.
  • Opération nommée « Octopus » pour sa complexité et son ampleur.
  • Des inquiétudes entourent un avocat soupçonné de complicité criminelle.

Fabrice Rizzoli, enseignant à Sciences Po et expert en crime organisé, a salué ces arrestations sur Franceinfo, les qualifiant de succès dans la lutte contre l’impunité. L’opération, nommée « Octopus » (pieuvre), fait référence à la taille et à la complexité du réseau criminel, qui adopte un fonctionnement opportuniste. Des annonces de recrutement sur les réseaux sociaux, allant du simple guetteur à la recherche de tueurs à gages, illustrent cette dynamique.

Cette organisation est souvent décrite comme une « hydre », sans structure hiérarchique claire, ce qui complique les efforts des autorités pour interrompre leurs activités et les diversifier au-delà du narcotrafic. Parmi les personnes interpellées se trouvent trois des principaux chefs présumés : Amine O., 32 ans, alias « Mamine », Gabriel O., 31 ans, alias « Gaby », et Mahdi. Ces individus sont considérés comme les « pères fondateurs » de la DZ Mafia et sont soupçonnés de diriger leurs opérations criminelles depuis leurs lieux de détention.

Amine O. et Gabriel O. doivent comparaître dans quelques jours, le 23 mars, lors d’un procès à Aix-en-Provence concernant un double assassinat survenu en 2019, période précédant l’émergence de la DZ Mafia. Des informations rapportées par Le Parisien évoquent des craintes d’un projet d’évasion durant ce procès, exacerbées par la présence d’un avocat soupçonné de corruption.

Ce pénaliste, originaire de Lyon, aurait tenté d’introduire des objets interdits dans l’une des prisons de haute sécurité, ce qu’il a formellement nié sur sa page LinkedIn. Cet avocat aurait également aidé Gabriel O. à établir une ligne de communication illicite avec l’extérieur de la prison. Les conversations interceptées par les enquêteurs ont conduit à son placement en garde à vue lors de l’opération « Octopus ».

Sur le réseau social X, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a réagi, affirmant que si les faits rapportés par Le Parisien s’avéraient exacts, cela constituerait un immense scandale. Amine O., surnommé « Mamine », doit également faire face à un procès cet automne pour un triple assassinat survenu en 2020, dont une des victimes était Brahim, le grand frère du militant anti-narcotrafic Amine Kessaci.

La mort de Brahim, perçue comme un possible « crime d’avertissement » adressé à son frère, a suscité une onde de choc. Le gouvernement a alors promis de mener une lutte acharnée contre le narcobanditisme, inspirée des méthodes utilisées dans la lutte contre le terrorisme.

Pour l’heure, le parquet de Marseille a seulement communiqué sur le fait que 42 personnes sont en garde à vue dans le cadre de l’opération « Octopus ». Une conférence de presse est prévue ce samedi matin pour fournir des informations supplémentaires à l’issue des gardes à vue.