Rachida Dati, ministre de la Culture, a récemment partagé l’expérience troublante vécue par sa fille, Zohra, sur le podcast « Ex… » animé par Agathe Lecaron. Elle a évoqué un phénomène encore méconnu de la médecine : la paraplégie qui peut survenir suite à une crise d’angoisse. Ce trouble, souvent qualifié de « trouble de conversion », est un sujet de débat parmi les spécialistes, tant il défie les explications biologiques.
EN BREF
- Rachida Dati témoigne d’une paraplégie de sa fille après une crise d’angoisse.
- Le trouble de conversion se manifeste par des symptômes neurologiques sans explication physique.
- Une prise en charge psychologique est essentielle pour traiter ce trouble complexe.
Dans son récit, Dati détaille comment une crise d’angoisse a conduit sa fille à souffrir de troubles neurologiques fonctionnels, dont la paraplégie. « Elle a été paraplégique pendant quasiment un an et chaque fois qu’il y a une grosse crise, cela recommence », a-t-elle déclaré. Ce témoignage met en lumière un trouble qui, bien qu’il n’ait pas d’explication biologique, peut avoir des conséquences dévastatrices sur la vie des individus concernés.
Le psychologue clinicien Grégory Michel, également professeur de psychopathologie à l’université de Bordeaux, souligne l’absence d’explication organique comme caractéristique fondamentale de ce trouble. « Les IRM et examens neurologiques sont normaux. Les muscles fonctionnent. Le cerveau ne présente pas de lésion. Pourtant, la personne ne peut plus bouger », explique-t-il. Cette réalité complexe rend le diagnostic difficile et peut semer le doute dans l’esprit des proches.
Une réalité déroutante
Les symptômes de ce trouble peuvent être spectaculaires : paralysies, difficultés à marcher, troubles de la parole. Ces manifestations surviennent souvent sans que la personne ne puisse les contrôler. « C’est fondamental de rappeler que ces symptômes sont inconscients et involontaires. Ce n’est pas une stratégie pour attirer l’attention », précise Michel. Il s’agit d’une réponse psychologique à des conflits internes ou des traumatismes passés. Parfois, ces symptômes peuvent même disparaître temporairement, avant de réapparaître, ce qui complique davantage la situation familiale.
Les causes de ce trouble sont variées et peuvent inclure le harcèlement scolaire, des conflits familiaux ou des chocs émotionnels intenses. Michel évoque le cas d’une patiente, Rose, qui a été admise en pédopsychiatrie en fauteuil roulant. Malgré l’absence de preuves médicales de sa paralysie, son histoire personnelle révèle un contexte familial lourd, avec des antécédents de tentatives de suicide dans sa famille.
Vers une prise en charge adaptée
Le terme « belle indifférence » est utilisé pour décrire un phénomène où certains patients semblent sereins face à des symptômes graves. Cette tranquillité paradoxale peut être déconcertante, mais elle est souvent le reflet d’une lutte intérieure. La prise en charge de ce trouble repose sur une approche psychologique. Il est essentiel de consulter un professionnel qualifié qui saura identifier les bénéfices secondaires des symptômes, tels que l’évitement de l’école en cas de harcèlement.
Une fois les causes organiques écartées, le premier objectif est d’aider le patient à comprendre le fonctionnement de son corps. Des séances de rééducation peuvent être nécessaires pour rassurer sur l’absence de problèmes moteurs. En parallèle, des thérapies visant à gérer le stress et les émotions doivent être mises en place.
Le chemin vers la guérison est possible, surtout si le patient parvient à mieux réguler ses émotions. Les techniques comme la thérapie miroir, qui utilise la visualisation de mouvements du membre sain pour activer les réseaux neuronaux du membre paralysé, montrent des résultats prometteurs. Cela souligne que, parfois, les symptômes physiques peuvent être une manifestation d’un conflit émotionnel profond, et que le corps parle un langage que la médecine conventionnelle peine à déchiffrer.
Ce témoignage de Rachida Dati, loin d’être un cas isolé, illustre les défis que représentent les troubles de conversion, tant pour les patients que pour leurs familles. Leur compréhension et leur reconnaissance dans le milieu médical sont essentielles pour apporter le soutien nécessaire à ceux qui en souffrent.