La phase principale d’admission de la plateforme Parcoursup s’est conclue ce samedi, révélant une situation préoccupante pour de nombreux candidats. Sur les 872 000 jeunes encore actifs sur la plateforme, plus de 126 000 se retrouvent sans aucune proposition d’affectation dans l’enseignement supérieur. Ce chiffre marque une hausse significative par rapport à l’année précédente, où 103 582 candidats étaient dans cette même situation.
EN BREF
- Plus de 126 000 candidats restent sans proposition d’affectation sur Parcoursup.
- La situation est aggravée par un manque de places dans les universités françaises.
- La phase complémentaire permet aux candidats de formuler de nouveaux vœux jusqu’au 10 septembre.
Malgré cette crise, 9 lycéens sur 10 ont reçu au moins une réponse favorable à leurs vœux, tout comme 70 % des candidats en réorientation. Cependant, 57 024 lycéens et 46 216 candidats en réorientation sont toujours en attente d’une proposition. À ces chiffres s’ajoutent 23 412 candidats internationaux, espérant une place dans les établissements français.
Cette incertitude pèse lourdement sur les bacheliers, qui approchent de la rentrée scolaire sans garantie d’affectation. Lydia, une lycéenne rêveuse de droit, témoigne de sa frustration : « J’ai formulé onze vœux dans différentes universités d’Île-de-France, mais je suis sur liste d’attente partout, à des rangs très éloignés. Mon premier semestre, j’étais à presque 14 de moyenne. J’ai obtenu mon bac avec mention. On se sent seul, c’est injuste. » Son histoire illustre bien la détresse que vivent de nombreux jeunes dans cette situation.
Pour Copélia Moreau, présidente du syndicat étudiant UNEF de Nanterre, la cause de cette impasse est claire : le nombre de places à l’université diminue chaque année, alors que le nombre de candidats continue d’augmenter. « Le gouvernement ne veut pas investir davantage dans les universités et préfère sélectionner, » déclare-t-elle, soulignant le besoin urgent d’une réforme.
Pour soutenir les lycéens sans affectation, l’UNEF organise des permanences devant les universités. « L’éducation est un droit, pas un privilège. Il n’est pas normal qu’un bachelier n’ait pas de place à l’université, » ajoute Copélia Moreau.
La phase complémentaire de Parcoursup a débuté et se poursuivra jusqu’au 10 septembre. Les candidats peuvent y formuler de nouveaux vœux, avec 83 000 propositions d’admission encore disponibles, selon le ministère de l’Enseignement supérieur.
Cette année, 908 974 candidats s’étaient inscrits sur la plateforme, soit une augmentation d’environ 33 000 par rapport à 2025. Parmi eux, 36 720 ont quitté la plateforme avant d’obtenir une proposition d’admission, ce qui soulève des questions sur l’attractivité du système.
Les résultats du baccalauréat, également publiés samedi soir, révèlent un taux de réussite de 91,4 %, en légère baisse par rapport à l’année précédente. Ce taux atteint 95,9 % en voie générale, 90,3 % en voie technologique et 84,3 % en voie professionnelle. Quant au diplôme national du brevet, son taux de réussite est de 81,6 %, reculant de 3,9 points par rapport à l’année précédente.
Cette année, les défis liés à l’accès à l’enseignement supérieur se multiplient, soulevant des questions sur l’avenir des candidats laissés dans l’incertitude. Le besoin d’une réforme structurelle dans l’éducation supérieure se fait de plus en plus pressant.