Parcoursup : une épreuve stressante pour les élèves et leurs parents

Les élèves de Terminale et les étudiants en réorientation vivent actuellement une période cruciale. En effet, ils ont jusqu’à jeudi minuit pour soumettre leurs choix de formations sur Parcoursup, une étape qui suscite une anxiété palpable tant chez les jeunes que chez leurs parents.

EN BREF

  • Deadline imminente pour soumettre les choix sur Parcoursup.
  • 84% des lycéens et 77% des parents ressentent du stress.
  • Un million de candidats attendus cette année sur la plateforme.

Selon une enquête récente menée par L’Étudiant et la Fédération des Conseils de Parents d’élèves (FCPE), 84% des lycéens estiment que la procédure est « stressante ». Cette pression est également ressentie par 77% des parents, ce qui révèle l’impact émotionnel de cette étape déterminante. Plus de 40% des répondants signalent que ce processus génère des tensions au sein de leur famille, tandis qu’un tiers d’entre eux souffrent de troubles du sommeil.

Delphine Bednarski, une mère dont la fille, Rose, passe le bac cette année, témoigne de cette anxiété. « C’est très stressant », confie-t-elle. Comme 60% des parents interrogés, elle craint que sa fille ne soit pas affectée à une formation satisfaisante. Les expériences passées de proches renforcent cette inquiétude, car deux cousins de Rose n’ont pas réussi à obtenir aucun de leurs vœux et se sont retrouvés sans solution.

Rose, âgée de 17 ans, a formulé seulement trois vœux sur les dix possibles sur Parcoursup. Bien que sa mère ait tenté de l’encourager à élargir ses choix, Rose reste fermement attachée à sa volonté de devenir éducatrice spécialisée. Elle a également décidé de postuler à une formation de moniteur-éducateur, qui ne figure pas sur la plateforme, mais où elle pense avoir de meilleures chances d’être acceptée.

Delphine se sent « complètement démunie » face à cette situation. Elle compare la gestion de Parcoursup à celle d’un pilote d’avion : « Vous avez votre enfant à côté de vous, vous savez à peu près le cap, mais vous ne savez pas quels sont les vents », dit-elle, résumant ainsi l’incertitude ressentie par de nombreux parents.

À Paris, Sophie, qui préfère rester anonyme, présente une perspective différente. Pour elle, Parcoursup est un outil clair et bien conçu. Sa cadette envisage de devenir journaliste, mais l’angoisse ne provient pas de la plateforme elle-même, mais plutôt de l’incertitude liée à l’orientation et aux choix à faire. « Je serai surtout stressée le 2 juin », admet-elle, date à laquelle débute la phase principale d’admission.

Jusqu’au 11 juillet, les candidats recevront les réponses des formations sollicitées. Par la suite, de nouveaux vœux pourront être formulés entre le 11 juin et le 10 septembre. L’enquête révèle également que la gestion de l’orientation repose majoritairement sur les mères dans 70% des familles, et que 80% d’entre elles ressentent une augmentation de leur charge mentale, contre 53% des pères.

Cette année, environ un million de candidats, incluant des néo-bacheliers et des étudiants en réorientation, vont s’inscrire sur Parcoursup, qui a remplacé le site Admission Post-Bac (APB) en 2018. Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, a affirmé que la plateforme fonctionne bien, précisant que deux tiers des candidats reçoivent une proposition dès le premier jour des résultats.

En 2025, le nombre de candidats a augmenté, atteignant 980.000, soit une hausse de 3,7%. Cela est principalement dû à une augmentation du nombre de lycéens en voie professionnelle et d’étudiants en réorientation. Parmi les 650.000 lycéens ayant soumis un dossier, près de 92% avaient reçu au moins une proposition, témoignant de l’efficacité relative de cette procédure.

En somme, Parcoursup, bien qu’angoissant pour de nombreux élèves et parents, reste un passage obligé dans le parcours éducatif des jeunes en France, révélant à la fois les craintes et les espoirs d’une génération face à leur avenir.