Paris : 46 personnes en garde à vue après des manifestations interdites d’ultradroite

Le samedi 10 mai 2025, Paris a été le théâtre d’interpellations massives en raison de manifestations interdites. Au cœur de l’événement, le groupe d’ultradroite « Comité du 9 mai » et sa contre-manifestation antifasciste ont provoqué des tensions, entraînant des mesures strictes de la part des forces de l’ordre.

EN BREF

  • Quarante-six personnes, dont trois mineurs, placées en garde à vue.
  • 97 interpellations au total pour diverses infractions liées à la manifestation.
  • Interdictions de rassemblement confirmées par la justice, en raison de risques de troubles à l’ordre public.

Selon les informations fournies par la préfecture de police, au total, 97 interpellations ont eu lieu dans plusieurs quartiers animés de la capitale, tels que République, Pyramides, Saint-Michel et Montparnasse. Parmi ces interpellés, 43 étaient majeurs et trois mineurs, dont deux ne résidaient pas à Paris.

Les raisons de ces gardes à vue incluent la participation à un groupement en vue de commettre des violences ou dégradations, ainsi que des cas de violences volontaires en réunion et de port d’armes prohibées. D’autres infractions comme l’outrage et la dissimulation volontaire du visage lors d’une manifestation ont également été évoquées.

La journée a été marquée par des tensions croissantes entre les militants d’ultradroite et d’ultragauche. En effet, malgré l’interdiction de ces rassemblements, 182 personnes ont été verbalisées pour non-respect de l’arrêté d’interdiction, démontrant l’ampleur du défi lancé aux autorités.

Le « Comité du 9-Mai », qui commémore chaque année la mort d’un militant d’extrême droite, avait prévu un rassemblement. Cependant, cette manifestation a été interdite par la préfecture en raison du risque de trouble à l’ordre public, une décision qui a été confirmée par le tribunal administratif et le Conseil d’État. La préfecture a justifié cette interdiction en invoquant des événements récents, notamment la mort d’un militant d’extrême droite à Lyon en février dernier et des comportements inappropriés constatés lors des manifestations précédentes.

Les forces de l’ordre, vigilantes, ont agi tôt dans la journée, procédant à des interpellations dès le début des événements. Certaines personnes appréhendées étaient en possession d’objets dangereux, tels que des couteaux ou des matraques télescopiques, révélant ainsi la gravité de la situation.

Les militants du « Comité du 9-Mai » n’ont pas pu se rassembler comme prévu au pied de la statue de Jeanne d’Arc, place des Pyramides, où un autre groupe, les partisans de Florian Philippot, s’était déjà installé. Lors d’une conférence de presse improvisée, Raphaël Ayma, porte-parole du comité et chef d’un groupe néofasciste, a exprimé ses inquiétudes quant à la liberté de manifester, déclarant : « Si jamais il y a des débordements, la seule faute incombe à la préfecture. »

Ce rassemblement annuel est dédié à Sébastien Deyzieu, un militant d’extrême droite mort accidentellement en 1994. L’année précédente, malgré l’interdiction initiale, une manifestation avait eu lieu, rassemblant un millier de militants d’ultradroite, majoritairement masqués et arborant des symboles néonazis.

Les événements de ce samedi à Paris illustrent les tensions persistantes entre différentes factions politiques et soulignent les défis auxquels les autorités doivent faire face pour maintenir l’ordre public dans un contexte de manifestations de plus en plus polarisées.