Patrick Balkany face à la justice : il dénonce un emploi fictif lors de son procès

Le 7 avril 2026, l’ancien maire Les Républicains de Levallois-Perret, Patrick Balkany, a comparu devant le tribunal correctionnel de Nanterre pour répondre à des accusations de détournement de fonds publics. Lors de cette audience, il a catégoriquement nié avoir mis en place un emploi de complaisance au sein de l’association Codeeil, point central du procès.

EN BREF

  • Patrick Balkany conteste les accusations de détournement de fonds publics.
  • L’association Codeeil est suspectée d’être une coquille vide pour un emploi fictif.
  • Le procès se poursuit mercredi, avec des témoignages accablants pour l’ex-maire.

La question qui sous-tend ce procès est de savoir si l’association en question n’était qu’une façade, créée pour masquer un emploi fictif destiné à Renaud Guillot-Corail, ancien directeur du développement économique de la commune. Ce dernier avait pris sa retraite en octobre 2012, et la justice suspecte que des fonds publics aient été utilisés pour son bénéfice personnel.

En début d’audience, le tribunal a rejeté une demande de renvoi formulée par la défense, qui évoquait une enquête jugée incomplète. La procureure, Nathalie Foy, s’est opposée à cette demande, soulignant l’ancienneté du dossier et la nécessité de faire avancer les choses.

La présidente du tribunal, Céline Ballerini, a tenté d’éclaircir les mécanismes financiers entourant cette affaire. Elle a mis en exergue le manque d’autonomie de l’association, qui a reçu des subventions municipales croissantes, culminant à 855.000 euros. Une somme qui, selon l’accusation, a principalement servi à rémunérer M. Guillot-Corail.

À la barre, Patrick Balkany, âgé de 77 ans, a multiplié les dénégations. Il a affirmé : « Je ne me suis jamais occupé de cette association », tentant de se distancier des décisions administratives. Dans un ton ironique, il a déclaré : « Si les chiottes sont bouchées, on va appeler le maire ? », cherchant à illustrer son ignorance sur le fonctionnement quotidien de l’association.

La situation s’avère délicate pour le tribunal, car Renaud Guillot-Corail est décédé en 2020. Balkany a habilement utilisé ce fait pour sa défense, se plaignant : « On est en train de juger du travail de quelqu’un qui est mort. Tout ça fait que je n’ai aucun document, c’est carnavalesque ! ». Un commentaire qui a suscité une réponse immédiate de la juge.

La procureure a qualifié les actions de Balkany d’« habillage », pointant du doigt une prime de licenciement de 50.000 euros versée à Guillot-Corail, ainsi que l’auto-dissolution rapide de l’association. Des témoignages d’anciennes membres de l’association ont été lus à l’audience, renforçant l’idée que la structure n’avait pas de véritable objectif et se résumait à un « bâton merdeux » pour la mairie.

Bien qu’il ait nié toute ingérence, Balkany a loué les compétences de son ancien collaborateur, le qualifiant d’« ambassadeur exceptionnel ». L’association aurait même été impliquée dans un projet de cimetière au Gabon, tandis que le tribunal s’est interrogé sur des déplacements inexplicables de Guillot-Corail à Cuba ou à Bali.

Au fil des échanges, Balkany n’a pas hésité à politiser les débats, affirmant que des ministres prônent le travail après la retraite, alors qu’il se voit convoqué pour avoir fait travailler un retraité. « Il vous a fallu 18 ans pour me dire ça ! », a-t-il lancé, citant même Georges Pompidou : « Arrêtons d’emmerder les Français ».

Pour conclure, Patrick Balkany a insisté sur son caractère peu interventionniste en se décrivant comme un « grand flemmard » qui préfère déléguer. « Pour moi, ce n’était pas du boulot, c’était un plaisir », a-t-il affirmé, maintenant sa position de bonne foi. Le procès se poursuivra mercredi, promettant encore de nombreux rebondissements.