Ce dimanche, lors d’un procès à Aix-en-Provence, l’accusation a demandé des peines de prison extrêmement lourdes contre Gabriel Ory et Amine Oualane, deux figures présumées de la DZ Mafia. Pour Ory, la réclusion à perpétuité a été requise, tandis qu’Oualane pourrait écoper de 18 ans de réclusion, dans le cadre d’un dossier lié à un double homicide survenu en 2019.
EN BREF
- Perpétuité requise contre Gabriel Ory, 18 ans contre Amine Oualane.
- Le procès concerne un double meurtre commis en 2019 avant l’existence de la DZ Mafia.
- Une forte mobilisation policière a marqué ce procès inhabituel.
Les avocates générales ont retracé la trajectoire de ces deux hommes, d’anciens amis d’enfance des quartiers nord de Marseille, qui ont évolué d’une délinquance ordinaire à un statut de criminels notoires. Elles ont précisé que ce procès ne visait pas à juger un clan criminel qui aurait agi dans le cadre de ses activités, mais plutôt à mettre en lumière des actes criminels qui se sont produits avant la formation de la DZ Mafia.
Ce groupe, qui a émergé dans un contexte de rivalités violentes entre clans à Marseille, est suspecté d’être responsable de nombreux meurtres. En 2023, la lutte entre ces organisations a déjà causé 49 décès dans la ville. La DZ Mafia, dont l’acronyme fait référence à l’Algérie, a réussi à étendre son influence et à diversifier ses activités, attirant ainsi l’attention des autorités qui en ont fait une priorité sécuritaire.
Le procès du double homicide, qui s’est déroulé dans un hôtel Formule 1, a été marqué par des tensions palpables. Plus de 200 policiers, dont certains lourdement armés, ont été mobilisés pour assurer la sécurité dans et autour du tribunal. Des incidents ont eu lieu, entraînant des suspensions d’audience et des échanges houleux entre les accusés et les parties civiles.
En dépit de ces perturbations, les réquisitions finales se sont faites dans un calme relatif. L’avocate générale a insisté sur le fait qu’il ne pouvait y avoir aucun doute quant à l’intention homicide des accusés, qui ont agi de manière coordonnée pour commettre le crime. Leur approche méthodique, décrite par l’accusation, a renforcé l’idée d’une organisation criminelle structurée.
Les preuves, en grande partie dérivées d’une messagerie cryptée, ont permis aux enquêteurs de découvrir les liens entre les commanditaires et les exécutants du crime. Cette méthode d’investigation a révélé un réseau complexe de communication, permettant d’identifier ceux qui ont orchestré le meurtre de Farid Tir et Mohamed Benjaghlouli.
Karim Harrat et Walid Bara, également accusés, ont vu des mandats d’arrêt être émis contre eux, alors que la défense a préparé sa plaidoirie dans un contexte déjà tendu. Les avocats des accusés ont exprimé leur intention de contester les éléments de preuve présentés, arguant que la défense devait être entendue de manière équitable dans ce dossier complexe.
Le verdict de cette affaire, qui soulève de nombreuses questions sur le crime organisé à Marseille, est attendu pour lundi. L’issue pourrait avoir des implications significatives pour la lutte contre la criminalité dans la région.