Obtenir un rendez-vous chez un dermatologue peut s’apparenter à un véritable parcours du combattant. Cette situation est exacerbée par une pénurie croissante de professionnels dans ce domaine. En 2025, le nombre total de dermatologues actifs en France était de 2 880, selon le Conseil national de l’Ordre des médecins. La densité moyenne s’élève à 3,25 dermatologues pour 100 000 habitants, alors qu’il en faudrait entre 5 et 6 pour répondre adéquatement aux besoins de la population, comme le souligne l’Association France Psoriasis.
EN BREF
- Le nombre de dermatologues est insuffisant pour répondre aux besoins de la population.
- Commencer par consulter un médecin généraliste peut faciliter l’accès aux soins dermatologiques.
- Des solutions existent pour obtenir des rendez-vous malgré la pénurie.
Le Dr Marie Jourdan, dermatologue, a évoqué ce sujet lors d’une récente intervention sur TF1, indiquant que la situation ne semble pas s’améliorer. Elle met en avant un problème structurel : « Tout le monde tire un peu la couverture de son côté, toutes les spécialités cherchent à attirer des étudiants, et la dermatologie n’a pas su se défendre ces dernières années. » Cette année, seuls 113 étudiants ont choisi cette spécialité, et même si des mesures étaient prises pour augmenter le nombre de dermatologues, il faudrait attendre au moins dix ans pour en voir les effets.
Face à ce constat, le Dr Jourdan rappelle que le plus important est de suivre le parcours de soins. Cela implique de commencer par une consultation avec un médecin généraliste. Ce dernier a un accès facilité à des dermatologues, grâce à des plateformes de téléconsultation et d’avis spécialisés. Ainsi, le médecin traitant peut rapidement obtenir une réponse dermatologique. L’Assurance maladie précise que le médecin généraliste peut évaluer les facteurs de risque de mélanome, informer sur les dangers liés à l’exposition solaire, et mettre en place un suivi avec un dermatologue si nécessaire.
Il est également essentiel de tempérer le stress des patients qui cherchent désespérément un rendez-vous. Selon le Dr Jourdan, « beaucoup de personnes souhaitent consulter un dermatologue alors qu’elles n’en ont pas réellement besoin. » Consulter d’abord son médecin traitant peut donc s’avérer non seulement plus rapide, mais également suffisant dans de nombreux cas.
Le Dr Nausicaa Malissen, dermatologue à l’AP-HM, a partagé lors d’une Journée d’information sur les cancers de la peau des conseils utiles sur la prévention. Elle souligne : « Il est essentiel de se protéger, pas seulement à la plage, mais aussi lors de nos activités quotidiennes en extérieur. » En effet, 80 % des cancers de la peau sont liés à une exposition excessive au soleil, principalement lors d’expositions régulières et intenses durant l’enfance, d’après la Ligue contre le cancer.
Il est également crucial de savoir quand consulter un dermatologue. « Il ne faut pas hésiter à consulter lorsque l’on remarque une lésion nouvelle qui évolue dans le temps, » insiste le Dr Malissen. Elle rappelle que le médecin généraliste doit être la première étape dans le parcours de soins. En expliquant son motif de consultation et en fournissant des photos, le patient peut faciliter le processus.
Enfin, certaines personnes doivent bénéficier d’un suivi annuel, notamment celles à la peau claire, aux yeux clairs, avec des taches de rousseur, celles ayant subi des coups de soleil dans l’enfance, ou celles présentant des antécédents familiaux de cancer de la peau. Pour la majorité de la population, une consultation annuelle ne s’avère pas indispensable.
En somme, bien que la pénurie de dermatologues soit préoccupante, il existe des voies pour optimiser l’accès aux soins. En suivant le parcours de soins et en consultant d’abord un médecin généraliste, les patients peuvent bénéficier d’une prise en charge adaptée sans avoir à affronter des délais d’attente trop longs.