Les cyberattaques continuent de frapper des institutions sensibles en France. Début août, un hacker connu sous le pseudonyme de Cybernox a révélé sur un forum clandestin qu’il avait aspiré près de 3 millions de fichiers depuis la base de données du service anti-démarchage Bloctel. Parmi ces données, on retrouve 600 000 numéros de personnes qui ne souhaitent pas être contactées. Ce piratage soulève de vives inquiétudes concernant la sécurité des informations personnelles en ligne.
EN BREF
- 3 millions de fichiers piratés, dont 600 000 numéros de particuliers.
- Piratage via un compte professionnel non protégé par double authentification.
- Une autre attaque a visé Santé publique France, exposant les données de 80 000 personnes.
Le service Bloctel a été supprimé le 11 août, en raison de l’interdiction du démarchage sans consentement préalable. Toutefois, les données des utilisateurs continuent de circuler sur le dark web, comme l’a souligné Sébastien Latombe, président de la Fédération française de la protection des données : « Malheureusement, leurs numéros se baladent maintenant sur un forum accessible à tout le monde. » Pour des escrocs ou des centres d’appels illégaux, ces fichiers représentent une opportunité précieuse.
La faille de sécurité a été exploitée à travers un compte professionnel dont la protection était insuffisante. L’accès a été obtenu sans difficulté, permettant au pirate d’accéder à une base de numéros de téléphone destinée aux entreprises. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a confirmé que seule une partie des numéros a été dérobée, précisant que la base de données de Bloctel n’avait pas été compromise.
Les consommateurs touchés ont été informés par message électronique. Ce cas souligne une fois de plus les risques liés à la vulnérabilité des systèmes publics, qui sont souvent la cible de cybercriminels. Le même jour, une autre attaque a frappé Santé publique France, où un pirate a revendiqué la possession de données personnelles de 80 000 individus, comprenant noms, adresses, numéros de téléphone et adresses e-mail.
Ce type de fuite pose la question de la sécurité des données au sein des services gouvernementaux. Comme l’a noté un pirate sur le forum, « comment un service gouvernemental peut-il être aussi facile à pirater ? ». L’accès à ces informations sensibles a été réalisé par l’utilisation d’un compte utilisateur de base, dont les permissions ont été augmentées pour permettre une exploitation plus large du système.
Une porte-parole de Santé publique France a précisé que dès la détection de l’intrusion, la plateforme a été mise en maintenance, et tous les mots de passe ont été supprimés comme mesure de sécurité. Il est à noter que cette base de données ne contient aucune information relative à la santé.
Les incidents de piratage se multiplient, et le cas le plus préoccupant demeure celui qui a touché impots.gouv.fr. Un cybercriminel sous le pseudonyme de ZeroBytes a revendiqué, le 12 août, avoir dérobé 678 438 lignes de données sur le portail de la Direction générale des Finances publiques. Cela inclut des informations sensibles telles que des identifiants fiscaux, noms, dates et lieux de naissance, ainsi que des informations financières.
Malgré cette grave allégation, la Direction générale des Finances publiques n’a pas confirmé l’intrusion. Selon la législation en vigueur, notamment le RGPD, il est impératif de notifier les violations de données à la Cnil et d’informer les personnes concernées en cas de risque élevé. Au moment où cet article est rédigé, aucune réponse n’a été reçue de la part des autorités compétentes.
Les répercussions de ces attaques illustrent un problème croissant en matière de sécurité des données. La protection des informations personnelles est plus que jamais un enjeu majeur, nécessitant une vigilance constante de la part des institutions publiques et une réévaluation de leurs protocoles de sécurité.