Le gouvernement français envisage d’augmenter le plafond du Livret A, le produit d’épargne préféré des Français, de 22 950 € à 30 000 €. Cette mesure, qui reste à confirmer, pourrait avoir des répercussions significatives sur les intérêts perçus par des millions d’épargnants.
EN BREF
- Proposition de relever le plafond du Livret A à 30 000 € pour financer l’adaptation climatique.
- Un épargnant pourrait gagner jusqu’à 120 € d’intérêts supplémentaires par an.
- Le projet fait face à des réticences du secteur bancaire.
Cette initiative a été évoquée par la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, lors d’une interview. L’objectif principal est de mobiliser une épargne considérable pour soutenir des projets liés à l’écologie, tout en évitant d’instaurer un nouvel impôt. « Ce n’est pas une taxe : il ne s’agit pas de demander aux Français de payer un impôt supplémentaire », a-t-elle souligné dans les colonnes du quotidien économique Les Échos.
Actuellement, avec le plafond fixé à 22 950 € et un taux d’intérêt théorique de 1,7 %, un épargnant peut espérer des intérêts annuels de 390,15 €. Si le plafond est porté à 30 000 €, ce même épargnant pourrait recevoir 510 € nets d’impôts, soit un gain supplémentaire de 119,85 € chaque année. Cette revalorisation permettrait donc de placer 7 050 € de plus, et donc d’augmenter ses revenus d’intérêts.
Cependant, il convient de noter que les versements effectués en cours d’année ne commenceront à produire des intérêts qu’après un délai de quinze jours, selon la « règle des quinzaines ». Cela signifie qu’un dépôt visant à atteindre le nouveau plafond ne rapporterait des intérêts que pour la période restante de l’année.
Bien que cette proposition ait été accueillie favorablement par la Caisse des dépôts, elle suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. La Fédération française bancaire (FBF) s’oppose fermement à cette mesure, arguant qu’elle pourrait immobiliser de l’épargne dans des placements à court terme, au détriment des investissements nécessaires pour l’économie réelle. Selon cette organisation, une telle concentration sur le Livret A risquerait de dégrader les conditions de financement des entreprises.
Le projet n’est encore qu’une piste de travail et attend une validation finale de la part de Matignon et de Bercy. Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne, a estimé que ce relèvement pourrait engendrer près de 10 milliards d’euros d’encours supplémentaires sur les Livrets A.
La question demeure : cette hausse du plafond sera-t-elle prise en compte pour favoriser une épargne au service de l’écologie, ou bien créera-t-elle des déséquilibres sur le marché financier ? Les prochaines décisions du gouvernement seront donc cruciales pour déterminer l’avenir de cette initiative.