Plus de 4000 artistes français alertent sur la menace de l’intelligence artificielle

Le 22 février, une tribune signée par plus de 4 000 acteurs et cinéastes français a été publiée, mettant en lumière les dangers que représente l’intelligence artificielle pour leur profession. Parmi les signataires figurent des figures connues telles que Franck Dubosc, Gérard Jugnot et Léa Drucker, qui se sont unis pour défendre leurs droits face à ce phénomène en pleine expansion.

EN BREF

  • 4 000 acteurs et cinéastes alertent sur les dangers de l’IA pour leur profession.
  • La tribune souligne le clonage d’images et de voix sans consentement.
  • Appel à un cadre légal pour protéger les droits des artistes face à l’IA.

Cette mobilisation, orchestrée par l’Adami, l’organisme qui défend les droits des artistes interprètes, intervient à quelques jours de la 51e cérémonie des César. Les artistes s’inquiètent de la reproduction non autorisée de leur image et de leur voix grâce à des outils d’intelligence artificielle, un risque qui fragilise l’avenir de leur profession.

Des personnalités marquantes du cinéma français, telles que Swann Arlaud, José Garcia, Élodie Bouchez et Karine Viard, ont également rejoint cet appel. Ils visent à sensibiliser le public et à mobiliser les institutions face à une menace qui, selon eux, est déjà bien réelle et présente dans le secteur.

Une menace grandissante

La tribune dépeint un tableau alarmant : l’utilisation croissante de l’IA permet de cloner les voix et les images des artistes sans leur consentement, créant une concurrence déloyale entre professionnels établis et débutants. Les signataires n’hésitent pas à qualifier l’intelligence artificielle de « hydre dévorante pour les artistes », affirmant que ce pillage est une réalité tangible.

Ce phénomène ne touche pas uniquement les grandes stars du cinéma. De nombreux artistes moins connus se voient contraints d’accepter des contrats dévalorisants, accentuant la précarité qui règne déjà dans ce milieu. La crainte de voir disparaître l’humain derrière la création artistique est omniprésente.

Des actions à l’international

Cette problématique ne se limite pas à la France. À la fin de janvier, huit comédiens de doublage français ont lancé des mises en demeure contre des sociétés américaines accusées de cloner leurs voix de manière illégale. Le collectif « Touche pas à ma VF » milite également pour la préservation des pratiques humaines dans le doublage. À l’international, la tension est palpable, comme en témoigne la récente polémique autour d’une vidéo générée par le logiciel chinois Seedance 2.0, exploitant l’image de célébrités telles que Tom Cruise et Brad Pitt sans autorisation.

Face à cette réalité alarmante, les artistes exigeant des mesures politiques et juridiques. Leur principale revendication : l’instauration d’un cadre légal qui garantirait la coexistence de l’IA avec la protection des droits d’auteur et des droits voisins. Plus qu’un simple cri d’alarme, cette mobilisation vise à obtenir des garanties pour que les artistes conservent le contrôle sur l’exploitation de leur identité et de leur œuvre.

L’effervescence suscité par cette tribune reflète une préoccupation croissante dans le monde du cinéma et de l’audiovisuel. Si la technologie ouvre de nouvelles perspectives, elle pose également des défis inédits en matière de propriété intellectuelle et de protection de la voix humaine. La France, avec son attachement historique à la défense de la culture, s’érige en porte-voix de cette lutte, appelant l’ensemble des professionnels à se rassembler pour faire face à cette nouvelle ère numérique.

Alors que le débat sur l’intelligence artificielle et ses implications pour les artistes est lancé, il est impératif que des mesures concrètes soient mises en place pour protéger les créateurs et leur art, garantissant ainsi un avenir où l’humain reste au cœur de la création.