Alors que la rentrée scolaire 2026 vient de débuter, une enquête du Snes-FSU révèle un constat alarmant : plus de 53 % des collèges et lycées publics sont dépourvus d’au moins un enseignant. Cette étude, publiée le 7 septembre, s’appuie sur les retours d’un échantillon de 1 033 établissements et met en lumière les contradictions entre les discours optimistes du ministre de l’Éducation nationale et la réalité du terrain.
EN BREF
- 53 % des collèges et lycées publics manquent d’au moins un professeur.
- Les disciplines les plus touchées sont les mathématiques, le français et la physique-chimie.
- La situation de l’enseignement reste dégradée malgré des discours rassurants du ministère.
Le syndicat Snes-FSU, premier représentant des enseignants du second degré, s’est exprimé fermement sur cette question. Dans son communiqué, il dénonce l’absence de professeurs dans de nombreux établissements, contraire aux affirmations du ministre Édouard Geffray, qui avait souligné une amélioration du recrutement. À la veille de la rentrée, le ministre avait affirmé que le « plein » avait été fait, en mettant en avant le déplacement du concours enseignant à bac+3 comme une mesure favorable.
Les chiffres avancés par le ministère indiquent que 98,5 % des postes ont été pourvus dans le premier degré, ce qui représente une légère amélioration par rapport aux années précédentes. Cependant, dans le second degré, le taux de recrutement a atteint 96,1 %, alors que l’an dernier il était de 90,6 %. Pourtant, cette progression ne semble pas se traduire sur le terrain, où de nombreux élèves ont fait leur rentrée sans professeur attitré.
Les matières les plus touchées par cette pénurie incluent les mathématiques, le français, la physique-chimie et l’anglais. De plus, les besoins en remplacements devraient augmenter au cours de l’année scolaire, notamment parce que les rectorats ont décidé de ne pas renouveler un nombre significatif de professeurs non titulaires en contrats à durée déterminée (CDD).
Dans l’académie de Paris, par exemple, plusieurs centaines d’enseignants contractuels ont été informés à la fin de l’été que leur contrat ne serait pas prolongé. De même, dans l’académie de Créteil, la CGT a déposé un dossier au rectorat concernant 416 contractuels non renouvelés. Cette situation s’inscrit dans une tendance plus large, où 69 % des établissements manquent d’au moins un membre du personnel, y compris des conseillers principaux d’éducation, psychologues et assistants d’éducation.
En comparaison, une enquête similaire menée l’année précédente avait révélé qu’au moins un enseignant manquait dans 55 % des établissements, et 73 % des établissements avaient des manques en personnel éducatif. Le Snes-FSU souligne que cette situation « reste très dégradée », rendant difficile toute amélioration des résultats de notre système éducatif sans une réponse adéquate aux problèmes de moyens humains.
Cette rentrée scolaire met ainsi en lumière des enjeux cruciaux pour l’éducation nationale, alors même que les discours officiels peinent à refléter la réalité sur le terrain. La question de la disponibilité des enseignants et des personnels éducatifs est plus que jamais au cœur des préoccupations.