Vous vous retrouvez enveloppé dans un plaid, grelottant sur votre canapé, alors que le thermostat affiche une température de 20 °C. Ce constat peut sembler déroutant, surtout lorsque l’écran indique que tout va bien. Pourtant, vos pieds restent glacés et l’envie de monter le thermostat à 22 °C se fait pressante. Cela pourrait sembler être un problème de chauffage défaillant, mais il existe une explication plus nuancée.
EN BREF
- Une température ambiante de 20 °C peut être ressentie comme 17 °C selon les surfaces environnantes.
- Les murs froids, les courants d’air et l’humidité influencent le confort thermique.
- Un diagnostic rapide permet d’améliorer la sensation de chaleur sans augmenter le chauffage.
L’Agence de la transition écologique (ADEME) a récemment mis en lumière ce phénomène. En effet, lorsque l’air dans une pièce est à 20 °C mais que les murs ne sont qu’à 14 °C, la température ressentie par le corps peut chuter à environ 17 °C. Ce décalage entre la température affichée et celle perçue est causé non seulement par la température de l’air, mais également par les surfaces qui entourent la pièce.
Les thermostats traditionnels ne mesurent que la température de l’air à l’endroit où ils sont installés. Or, notre corps prend en compte un ensemble de facteurs : la température de l’air, celle des murs, des fenêtres, du sol et même les mouvements d’air. C’est pour cela que l’on peut se sentir transi près d’une fenêtre, alors que le thermomètre indique toujours 20 °C.
Les coupables du froid ressenti
Le premier facteur à prendre en compte est la paroi froide. Un mur extérieur mal isolé ou une vitre simple vitrage peut voler une partie de votre chaleur corporelle par rayonnement. La sensation de fraîcheur est particulièrement forte lorsque l’on s’assoit près de ces surfaces froides. Dans les logements où les parois sont proches de la température ambiante, cet écart de ressenti est considérablement atténué.
Les courants d’air constituent un autre problème. Ils peuvent s’infiltrer sous une porte, entre deux ouvrants mal réglés, ou par un conduit de cheminée. Même si le thermomètre reste stable, un air en mouvement peut rapidement donner l’impression d’un froid saisissant.
Enfin, l’humidité joue un rôle non négligeable. Un air chargé en vapeur d’eau peut sembler plus frais, même si la température réelle ne change pas. L’ADEME rappelle que nos habitations produisent de l’humidité de manière constante, que ce soit à cause des douches, de la cuisine ou du linge qui sèche. Lorsque ce taux d’humidité dépasse 70 %, le confort thermique diminue considérablement. En revanche, un taux compris entre 40 et 60 % est plus agréable.
Ajuster le confort thermique de votre logement
Avant de songer à augmenter le chauffage, un diagnostic rapide peut souvent améliorer la sensation de chaleur. Commencez par identifier les zones où vous ressentez le plus le froid, généralement dans le salon ou la chambre. Inspectez ensuite les surfaces les plus proches : un mur extérieur, une grande vitre ou une porte d’entrée. Un simple contact de la main peut révéler si la surface rayonne du froid ou si un courant d’air y circule.
Du côté des réglages, l’ADEME recommande une température d’environ 19 °C dans les pièces à vivre et 17 °C dans les chambres pendant la nuit. Utiliser un thermostat programmable peut aider à adapter le chauffage selon les horaires de présence dans les pièces, ce qui permet une réduction de la consommation énergétique allant jusqu’à 15 %. Certains modèles incluent également un affichage du taux d’humidité, ce qui est pratique pour savoir quand il est nécessaire d’aérer ou de déplacer un linge en cours de séchage.
En prenant en compte ces différents éléments — parois froides, courants d’air et humidité — rester à une température de 19 ou 20 °C devient bien plus confortable, sans avoir à pousser le chauffage à ses limites.