Le parquet général de Versailles a annoncé ce lundi avoir engagé un pourvoi en cassation concernant la requalification des faits entourant la mort de Nahel Merzouk, un adolescent tué par un policier lors d’un contrôle routier. Ce dernier, initialement poursuivi pour meurtre, est désormais jugé pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
EN BREF
- Le parquet général de Versailles conteste la requalification des faits dans l’affaire Nahel Merzouk.
- Le policier impliqué est désormais jugé pour violences sans intention de tuer.
- Des avocats des parties civiles ont également formé un pourvoi en cassation.
Ce revirement de situation fait suite à la décision rendue le 5 mars par la cour d’appel de Versailles, qui avait ordonné que le policier soit jugé devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine. Dans son communiqué, le parquet général a précisé qu’il a formé ce pourvoi le 13 mars dernier, sans donner de détails sur ses réquisitions.
Me Laurent-Franck Liénard, l’avocat du policier, a exprimé son espoir d’obtenir un non-lieu. Dans un message sur les réseaux sociaux, il a souligné que « la pression politique pollue grandement l’analyse juridique » et a souhaité que la Cour de cassation, en tant que gardienne du droit, rétablisse une certaine clarté dans cette affaire.
Du côté des parties civiles, Me Frank Berton, représentant la mère de Nahel Merzouk, a également annoncé avoir formé un pourvoi. De son côté, Me Margot Pugliese, qui défend plusieurs membres de la famille, a critiqué la requalification des faits, la qualifiant de « qualification au rabais » qui ne reflète pas l’intention du policier. Elle a rappelé que l’utilisation d’une arme à feu à bout portant dans une zone létale est traditionnellement interprétée comme une intention homicide.
Quant aux avocates des deux passagers présents dans le véhicule au moment des faits, Mes Pauline Rainaut et Karen Noblinski, elles n’ont pas souhaité s’exprimer sur un éventuel pourvoi.
Rappelons que Nahel Merzouk, âgé de 17 ans, a été abattu le 27 juin 2023. Ce tir a provoqué une onde de choc à travers le pays, faisant de lui un symbole des violences policières en France et entraînant des nuits d’émeutes dans plusieurs villes.
Cette affaire suscite un vif débat sur la légitimité des actions policières et sur la manière dont la justice aborde les cas de violences policières. Alors que les procédures judiciaires se poursuivent, les réactions de la société civile et des responsables politiques continuent de se faire sentir.