La hausse continue des prix du carburant et des factures énergétiques crée un tableau préoccupant pour de nombreux Français. Selon le 20e baromètre annuel « Pauvreté – Précarité » du Secours populaire, réalisé en partenariat avec l’Ipsos, la précarité s’installe durablement dans le quotidien de nombreuses personnes en France et en Europe.
EN BREF
- 26 % des Français renoncent à des dépenses essentielles, comme l’alimentation ou la santé.
- 74 % des sondés s’inquiètent de la hausse des prix du carburant.
- 61 % constatent une fatigue accrue à cause des difficultés de chauffage.
Ce baromètre, qui s’appuie sur un échantillon représentatif de 1 000 personnes en France et 1 000 autres en Europe, met en lumière un phénomène inquiétant : la paupérisation touche non seulement les plus démunis mais également les travailleurs pauvres. Ces derniers sont de plus en plus nombreux à faire état de leurs difficultés à se nourrir, se loger ou même se chauffer.
Malgré une légère amélioration observée en 2025, près de 40 % des Français affirment que leurs revenus ne suffisent pas à couvrir toutes leurs dépenses. De plus, 62 % d’entre eux craignent de tomber dans la précarité, tandis que 26 % estiment déjà être dans cette situation délicate.
Les résultats du baromètre révèlent des privations croissantes parmi les Français. En effet, 37 % d’entre eux expriment des difficultés à se procurer une alimentation saine, capable de garantir trois repas par jour, soit une augmentation de 4 % par rapport à l’année précédente. Parallèlement, 55 % des sondés peinent à partir en vacances, 33 % rencontrent des difficultés à régler leur loyer ou leurs charges de logement, et 46 % n’arrivent pas à assumer les frais de transport, une hausse notable de 12 % sur un an.
Une précarité énergétique croissante
Pour la première fois, le baromètre du Secours populaire consacre un chapitre à la précarité énergétique, mettant en avant l’inquiétude croissante liée à la hausse des prix du carburant. 74 % des Français se disent préoccupés par cette situation, particulièrement ceux vivant en zone rurale et considérés comme précaires.
Les arbitrages financiers s’imposent : 58 % des sondés affirment avoir renoncé à au moins une activité, comme partir en vacances ou rendre visite à des proches, en raison des coûts liés au carburant. Plus alarmant encore, près d’un tiers des personnes interrogées (28 %) déclarent avoir dû faire des sacrifices sur des dépenses essentielles, telles que la nourriture ou les soins, pour compenser la hausse des prix de l’essence ou du gazole.
La situation énergétique est également préoccupante. 79 % des Français estiment que leurs factures d’énergie pèsent lourd dans leur budget. Parmi eux, 92 % rapportent avoir fréquemment des difficultés à maintenir une température convenable chez eux. Pour faire face à ces nouvelles réalités, 26 % des sondés admettent avoir renoncé à des dépenses vitales, comme l’alimentation ou la santé, au cours de l’année écoulée.
Conséquences sur la santé
Les stratégies mises en place pour réduire les coûts énergétiques sont multiples. 76 % des Français déclarent avoir pris des mesures, telles que limiter le chauffage dans certaines pièces ou ne plus utiliser certains appareils électroménagers. Ces difficultés à se chauffer ne sont pas sans conséquences sur la santé des Français : 61 % des sondés signalent une fatigue plus importante, 48 % éprouvent des difficultés à s’endormir, et 40 % sont plus souvent malades.
Cette précarité énergétique ne se limite pas aux mois d’hiver. Avec l’augmentation des vagues de chaleur cet été, un tiers des Français (32 %) a également eu du mal à maintenir une température fraîche dans leur logement. Cette situation soulève des questions cruciales sur l’avenir et le bien-être de la population face à l’augmentation des coûts de la vie.