Depuis quelques jours, une campagne de prélèvements ADN est en cours dans le hameau du Haut-Vernet, situé dans les Alpes-de-Haute-Provence. Cette initiative vise à avancer dans l’enquête concernant la disparition d’Émile Soleil, un petit garçon de deux ans et demi, dont le corps a été retrouvé plusieurs mois après sa disparition à l’été 2023. La famille d’Émile, qui a longtemps demandé des investigations complémentaires, voit dans cette opération un espoir de progression.
EN BREF
- Des prélèvements ADN sont réalisés sur une centaine de personnes au Haut-Vernet.
- Les analyses visent à comparer des traces ADN dégradées trouvées sur les vêtements d’Émile.
- Les enquêteurs espèrent lever des suspicions et apporter un peu de sérénité à la communauté.
Julien Pinelli, l’avocat de la grand-mère d’Émile, a exprimé sa satisfaction quant à la mise en œuvre de ces mesures d’enquête, soulignant l’importance des investigations pour la famille. Il a déclaré : « Nous sommes naturellement satisfaits de la mise en œuvre de ces mesures d’enquête qui vont dans le sens des demandes d’investigations complémentaires que nous avions déposées au mois de janvier. » L’avocate du grand-père, Isabelle Colombani, a également fait part de l’« espérance » de la famille de parvenir à la vérité, un sentiment partagé par de nombreux proches de l’enfant.
Les prélèvements ADN sont principalement effectués sur des résidents du village du Vernet, mais également sur des personnes de passage, y compris des vacanciers, au moment de la disparition d’Émile, survenue le 8 juillet 2023. Cette campagne de prélèvements devrait s’étendre sur plusieurs semaines, selon des sources proches de l’enquête.
Il convient de rappeler que les membres de la famille d’Émile avaient déjà été soumis à des prélèvements ADN au début de l’enquête. En 2025, des membres de la famille avaient été placés en garde à vue pour homicide volontaire et recel de cadavre, mais avaient été relâchés faute de preuves suffisantes. En revanche, l’attention se tourne désormais vers des échantillons ADN extérieurs à la famille, retrouvés sur les vêtements de l’enfant.
Des traces ADN dégradées ont été mises en évidence, ce qui motive la nécessité de ces prélèvements massifs. Le général François Daoust, ancien directeur de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), explique que ces ADN partiels nécessitaient des prélèvements supplémentaires pour permettre une comparaison efficace. « Quand on a des ADN partiels, le peu de résidus n’est pas suffisant pour pouvoir les comparer », précise-t-il. Grâce à ces nouvelles analyses, les enquêteurs espèrent élargir leur champ d’investigation.
Les proches d’Émile nourrissent de grands espoirs, bien que l’enquête n’ait pas encore permis d’établir les circonstances exactes de la disparition. Les recherches initiales n’avaient rien donné pendant neuf mois, jusqu’à la découverte fortuite, fin mars 2024, des restes de l’enfant par une promeneuse. L’autopsie a révélé que le petit garçon avait subi un « traumatisme facial violent », ce qui laisse supposer une possible intervention d’un tiers, comme l’a indiqué le procureur d’Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon.
Au-delà de l’espoir de trouver une correspondance ADN, ces prélèvements massifs visent aussi à « lever la suspicion générale », comme le souligne le général Daoust. « Une majorité de personnes prélevées ne sont pas coupables, mais vivent dans un climat de suspicion. Cela permettra d’exonérer la grande majorité des personnes et d’apporter une certaine sérénité à la vie locale », ajoute-t-il.
Enfin, la piste intrafamiliale demeure active. Des perquisitions récentes ont conduit à la saisie de deux vélos dans la résidence secondaire des grands-parents d’Émile, ce qui témoigne de la complexité de cette enquête et de la recherche constante de vérité.