La saison estivale s’annonce préoccupante pour la France, avec des départs de feux de forêt constatés bien plus tôt que prévu. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a exprimé des inquiétudes quant à la situation actuelle, soulignant que, dès le 2 juillet, 26 incendies simultanés avaient été enregistrés sur le territoire métropolitain. Les régions les plus touchées incluent les Pyrénées-Orientales, où plus de 4 500 hectares de végétation ont été ravagés, entraînant l’évacuation de 10 000 personnes.
EN BREF
- Les incendies de forêt en France commencent plus tôt que prévu cette année.
- La flotte aérienne de lutte contre les incendies fait face à des manques de moyens.
- Des améliorations sont attendues avec l’ajout de nouveaux Canadairs d’ici 2032.
Alors que les incendies se multiplient, la question de la préparation des équipes de lutte contre le feu se pose avec acuité. David Saquet, secrétaire général du syndicat Unsa Sapeurs-pompiers, a assuré qu’il ne redoute pas de ruptures capacitaires, grâce à un « travail d’anticipation très fin » qui devrait limiter les risques. Les sapeurs-pompiers sont ainsi soutenus par une cartographie précise des massifs forestiers à risque, permettant une intervention rapide.
Sur le terrain, la France dispose actuellement de 51 colonnes de sapeurs-pompiers, représentant environ 3 500 intervenants et 700 véhicules prêts à répondre aux urgences. En ce qui concerne les moyens aériens, le ministre a précisé que douze Canadairs, huit avions Dash, trois Beechcraft et divers hélicoptères sont mobilisés pour lutter contre les incendies. Selon lui, ces ressources sont suffisantes et comparables à celles d’autres pays européens.
Cependant, Romain Monconduit, sous-directeur des moyens nationaux de la Sécurité civile, fait part d’une situation moins favorable. Avec seulement 12 Canadairs en service, la France se retrouve en deçà des capacités d’autres pays, tels que le Canada ou l’Espagne. En réalité, seulement dix Canadairs sont actuellement opérationnels, en raison de retards dans la disponibilité de certains appareils.
Un des Canadairs est toujours hors d’état de vol après un accident survenu en Corse en mai 2025, ce qui limite encore davantage les capacités d’intervention. De plus, la flotte vieillissante pose un défi. Les Canadairs ont une durée de vie d’environ 30 ans, période durant laquelle ils subissent des dommages dus à la corrosion et aux conditions d’utilisation. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre janvier et juin 2026, 600 missions ont été enregistrées, contre seulement 108 sur la même période l’année précédente.
Les opérations de maintenance sont également impactées par une disponibilité limitée des pièces détachées, rendant le processus plus complexe et long. La situation a été particulièrement tendue l’année dernière, où les autorités ont dû gérer des demandes simultanées sans avoir assez d’appareils à disposition.
Pour remédier à cette situation, une commande de deux Canadairs supplémentaires a été signée par Laurent Nuñez, représentant un investissement de près de 200 millions d’euros. Toutefois, ces nouveaux appareils ne devraient pas arriver avant 2032. De plus, la France pourra compter sur l’arrivée de deux autres avions en 2028, augmentant ainsi sa flotte à 16 Canadairs.
La Fédération nationale des sapeurs-pompiers a exhorté les autorités à ne pas attendre la livraison d’appareils étrangers pour renforcer les capacités de lutte contre les incendies. Une ambition de construire une capacité de production d’avions bombardiers d’eau en France et en Europe est également mise en avant.
En parallèle, la flotte d’hélicoptères Dragon, dédiée à la sécurité civile, est également en phase de renouvellement. Deux appareils seront utilisés cet été pour tester un nouveau système de largage d’eau, augmentant ainsi les capacités d’intervention face aux feux de forêt.
Alors que l’été commence à peine, la France fait face à une situation préoccupante en matière de lutte contre les incendies. Les efforts pour améliorer la flotte aérienne et renforcer les capacités d’intervention sont plus que jamais nécessaires afin de faire face à une saison qui s’annonce ardue.