Près de 1 000 décès de personnes sans-abri en 2025, un rapport alarmant

Dans un contexte préoccupant, le collectif Les Morts de la Rue a annoncé que près de 927 personnes sans domicile fixe ont perdu la vie en 2025. Ce chiffre, bien que légèrement inférieur aux 938 décès enregistrés en 2024, marque un palier inquiétant dans la mortalité des personnes sans-abri après plusieurs années de hausse. Le collectif souligne que cette tendance ne doit pas être interprétée comme une diminution du nombre de décès.

EN BREF

  • 927 décès de personnes sans-abri enregistrés en 2025, un chiffre alarmant.
  • Les décès signalés par les partenaires institutionnels ont stagné, suggérant un manque de moyens.
  • La mortalité liée au froid atteint un niveau record depuis 2012 avec 22 décès.

Le rapport publié par le collectif met en avant que les chiffres recueillis ne sont ni exhaustifs ni définitifs, se présentant comme un plancher documenté. En effet, les données proviennent d’une enquête menée depuis 2012, s’appuyant sur les informations fournies par des partenaires institutionnels tels que le Samu social et les services d’État, ainsi que des contributions d’associations et de particuliers. Par conséquent, le collectif insiste sur le fait que cette stagnation n’indique pas nécessairement une baisse de la mortalité, mais peut être le résultat d’une limitation des moyens de recensement.

Un examen plus approfondi des données révèle que parmi les personnes décédées en 2025, 306 étaient sans abri, 264 étaient hébergées temporairement, tandis que 357 cas restent indéterminés quant à leur situation. L’âge moyen des victimes était de 49 ans, un chiffre alarmant comparé à l’âge moyen de 79,5 ans de la population générale selon les statistiques de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). De plus, il est à noter que 20 des victimes avaient moins de 15 ans, illustrant la tragédie touchant les jeunes populations.

Une tendance inquiétante est également observée concernant la répartition par sexe des victimes. Bien que la majorité des décès concerne des hommes, la part des femmes augmente, atteignant 14 % en 2025, contre 11 % sur la période de 2012 à 2024. Cette féminisation du sans-abrisme est un indicateur d’une problématique sociétale en évolution.

Les causes des décès sont souvent inconnues, avec un manque d’information dans deux cas sur trois. Néanmoins, lorsque des causes sont identifiées, il est préoccupant de constater que les morts violentes, telles que les homicides, les noyades, les suicides et les intoxications, prédominent, en particulier chez les jeunes adultes âgés de 15 à 25 ans, représentant 60 % des cas documentés.

Le rapport souligne également que la mortalité liée aux conditions climatiques, notamment le froid, a atteint des niveaux alarmants. Avec 22 décès dus au froid survenus uniquement durant les saisons automnale et hivernale, cette statistique est la plus élevée enregistrée depuis 2012. Ce constat met en lumière la vulnérabilité extrême des personnes sans-abri durant ces périodes difficiles.

Il est difficile d’estimer avec précision le nombre total de personnes sans domicile fixe en France. Selon la Fondation pour le Logement, ce chiffre serait d’environ 350 000. Toutefois, la dernière évaluation officielle de l’Insee, datant de 2012, estimait leur nombre à 143 000. Les nouvelles données devraient être publiées d’ici la fin de l’année, offrant ainsi une vue plus actualisée de cette situation préoccupante.

Ce rapport de Les Morts de la Rue sert d’alerte pour la société et les décideurs politiques. Il souligne l’urgence d’agir pour protéger les plus vulnérables, en améliorant les moyens de recensement et en offrant un soutien adéquat aux personnes sans-abri.