La présidentielle au Pérou se poursuit ce lundi, après des dysfonctionnements logistiques ayant empêché de nombreux électeurs de voter la veille. Les résultats préliminaires placent la candidate du parti Fuerza Popular, Keiko Fujimori, en tête, avec des perspectives favorables pour un second tour, prévu le 7 juin.
EN BREF
- Keiko Fujimori en tête avec près de 17% des voix.
- Dysfonctionnements ont entraîné la prolongation du scrutin sur une seconde journée.
- Climat d’insécurité croissante et défiance envers la classe politique.
Selon les premiers résultats, Keiko Fujimori obtient près de 17% des voix, suivie de Rafael Lopez Aliaga, ancien maire ultraconservateur de Lima, qui recueille environ 15%. Le candidat social-démocrate Jorge Nieto se positionne en troisième place avec près de 13%. Ce scrutin se distingue par un nombre record de 35 candidats, et bien que les résultats soient encore partiels, plusieurs surprises restent possibles.
Les élections se déroulent dans un contexte de profonde défiance envers la classe politique. Depuis 2016, le pays a connu la destitution de la moitié de ses présidents, exacerbant un climat d’insécurité et de mécontentement populaire. Keiko Fujimori, fille de l’ancien président autocrate Alberto Fujimori, a déclaré avoir remporté une victoire sur l’« ennemi » de gauche, affirmant sa position pour le second tour.
Les problèmes d’acheminement du matériel électoral ont entraîné des retards dans l’ouverture des bureaux de vote, forçant les autorités à prolonger le scrutin. La police péruvienne a annoncé l’arrestation d’un fonctionnaire de l’Office national des processus électoraux (ONPE) pour omission de ses fonctions. De nombreux électeurs, excédés par ces dysfonctionnements, expriment leur colère face à la situation.
Des témoins ont rapporté de longues files d’attente devant des bureaux de vote, certains restant fermés sans explication. Des enquêtes sont en cours pour déterminer la responsabilité de ces retards, notamment envers un sous-traitant chargé de livrer le matériel électoral. Malgré des accusations de fraude lancées par certains, l’ONPE a fermement démenti toute possibilité de manipulation.
Ce scrutin se déroule également sous l’ombre d’une insécurité croissante, avec un doublement des homicides depuis 2018 et une multiplication par huit des plaintes pour racket. Face à cette réalité, les candidats rivalisent de promesses radicales, allant de la construction de prisons à l’expulsion des migrants en situation irrégulière.
Keiko Fujimori, candidate pour la quatrième fois, a promis de rétablir l’ordre dans les 100 premiers jours de son mandat. Son concurrent, Rafael Lopez Aliaga, qui incarne une droite radicale, propose également une ligne dure face à la criminalité. Les électeurs, cependant, restent sceptiques quant à la mise en œuvre de ces promesses, comme le souligne Carmen Garcia, une commerçante de 63 ans.
La possibilité d’un duel entre Fujimori et Lopez Aliaga est considérée comme une première dans le paysage politique péruvien. Selon le politologue Carlos Melendez, cette confrontation pourrait jouer en faveur de Fujimori, qui se retrouve pour la première fois face à un candidat de droite.
Alors que le pays se prépare à élire son prochain président, la situation reste tendue. L’actuel président par intérim, José Maria Balcazar, ne peut pas se représenter. Le nouveau président sera investi le 28 juillet, une date cruciale pour l’avenir politique du Pérou.